Saint Jean d'Avila, « maître des spirituels » et docteur de l'Eglise

Il a été l'un des saints patrons de la JMJ de 2011

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A. Bourdin

ROME, mercredi 26 septembre 2012 (ZENIT.org) – Saint Jean d’Avila (1499/1500-1569) sera proclamé docteur de l’Eglise par Benoît XVI dimanche le 7 octobre, jour de l’ouverture du synode des évêques sur la Nouvelle évangélisation (7-28 octobre 2012), en même temps que sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179).

Espagnol, saint Jean d’Avila a été l’un des saints protecteurs de la Journée mondiale de la jeunesse de Madrid, en 2011. Ses œuvres principales sont « Audi Filii » et ses « Lettres Spirituelles ».

Le site de la JMJ indique qu’il célébrait la messe avec une grande dévotion, avait grand don pour prêcher, encourageait la communion fréquente, s’efforça de réformer l'Etat laïque et le clergé. Il est connu pour ses travaux apostoliques et sociaux, ses conseils spirituels, sa charité, sa prudence et sa discrétion.


Il est aussi le saint patron du clergé séculier espagnol
. Parmi ses disciples, on cite saint Jean de Dieu (1495-1550), saint François Borgia, s.j., (1510-1572), sainte Thérèse d’Avila, o.c.d., (1515-1582) et le vénérable Louis de Grenade, o.p., (1505–1588), qui écrivit une biographie de Jean d'Avila. 


Il était né en 1499 ou 1500 près de Tolède, dans une famille de juifs qui avaient embrassé la foi chrétienne. Après de brillantes études de Lettres à Salamanque, il poursuivit sa formation universitaire à Alcala, où il affina sa connaissance de la philosophie, et où il commença sa théologie qu’il acheva à Grenade en 1537, précise la Conférence des évêques de France à l'occasion de la JMJ de Madrid.

Il avait été ordonné prêtre dès 1525, après la mort de ses parents. Il mit ses talents d’orateur au service de l'Evangile, à Tolède, tout en menant une vie simple et sainte.

« Il insiste sur la nécessité de bien se connaître pour connaître Dieu. Jean d’Avila est un maître spirituel reconnu, même si le rigorisme de son enseignement et l’extrême clairvoyance de sa théologie lui valent les foudres de l’Inquisition et l’emprisonnement », précise la même source.

A Salamanque, Jean d’Avila est devenu proche de la Compagnie de Jésus. Il a guidé certains jésuites, il a étudié avec eux, et il les a aidés lorsqu’ils ont connu des difficultés. Constatant cette proximité, saint Ignace de Loyola aurait voulu qu'il rejoigne la Compagnie. Une grande partie de l'expansion des Jésuites en Espagne lui est en effet attribuée.

Le pape a évoqué l’influence de Jean d’Avila sur Thérèse d’Avila, dans sa catéchèse du 2 février 2010. Il citait ce « maître des spirituels » en disant : « Parmi ses œuvres majeures, il faut rappeler tout d'abord son autobiographie, intitulée Livre de la vie, qu'elle appelle Livre des Miséricordes du Seigneur. Composée au Carmel d'Avila en 1565, elle y rapporte son parcours biographique et spirituel, écrit, comme l'affirme Thérèse elle-même, pour soumettre son âme au discernement du « Maître des spirituels », saint Jean d'Avila ».

« Le but, ajoutait le pape, est de mettre en évidence la présence et l'action de Dieu miséricordieux dans sa vie : c'est pourquoi l'œuvre rappelle souvent le dialogue de prière avec le Seigneur. C'est une lecture fascinante, parce que la sainte non seulement raconte, mais montre qu'elle revit l'expérience profonde de sa relation avec Dieu. »

Avec Hildegarde de Bingen et Jean d’Avila, les docteurs de l’Eglise seront au nombre de 35, dont quatre saintes. Hildegarde de Bingen sera en effet la quatrième femme à être proclamée docteur de l’Eglise (cf. Zenit du 27 mai 2012), après sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse d’Avila (par Paul VI, en 1970) et sainte Thérèse de Lisieux (par Jean-Paul II, en 1997).