Saint-Siège et Monténégro : ratification d'un accord

Rapports « excellents » entre les deux Etats

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Anne Kurian

ROME, jeudi 21 juin 2012 (ZENIT.org) – La ratification d’un accord fondamental fixant le cadre des relations entre l’Eglise et l’Etat, signé entre le Saint-Siège et le Monténégro, confirme les rapports « excellents » entre les deux entités, souligne le cardinal Bertone.

Le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat, et M. Filip Vujanović, président du Monténégro, ont en effet ratifié, ce matin, 21 juin 2012, au Vatican, l’accord entre le Saint-Siège et le Monténégro, qui avait été signé il y a un an, le 24 juin 2011.

Au cours de la rencontre, le cardinal Bertone a souligné « l’importance » de cette ratification, par laquelle entrent en vigueur des « dispositions d’intérêt commun » pour la vie et l’activité de la communauté catholique du Monténégro.

L’accord définit le cadre juridique de l’activité de l’Eglise catholique et ses rapports avec les autorités civiles. Cela était « opportun et nécessaire », a estimé le cardinal, dans le contexte politique et social du Monténégro – pays à majorité orthodoxe – et il n’est pas dans l’intention du Saint-Siège de rechercher par là « des privilèges pour la communauté catholique ».

Pour le cardinal, cet accord signe les « excellentes relations » entre le Saint-Siège et le Monténégro: il contribue à la construction « d’un avenir meilleur », c’est-à-dire de « respect réciproque et de collaboration entre les communautés religieuses et les autorités civiles » et de « pleine harmonie entre les populations et les religions du pays ».

Le Saint-Siège, a-t-il assuré, « ne cessera pas de porter une attention privilégiée aux questions communes », désireux que la contribution de la communauté catholique continue à « enrichir l’ensemble du Monténégro », « pour le bien du pays » et son « développement intégral ».

« La liberté religieuse de chaque citoyen et des communautés religieuses, a-t-il rappelé, est le fondement indispensable de la culture occidentale actuelle » et elle est « une condition indispensable pour la protection des droits de l’homme sur toutes les latitudes de la planète ».

C’est pourquoi,  a-t-il poursuivi, « l’application de l’accord sera dans l’intérêt du Monténégro » : il offrira « une image positive au niveau international » et il contribuera au « dépassement des problèmes hérités du passé ».

La procédure de négociation avait commencé il y a deux ans, dans l’esprit de la convention de 1886 signée entre le pape Léon XIII et le prince Nicolas Ier. L’accord actuel prévoit une Commission mixte, composée de représentants des deux parties, pour en favoriser l’application.

Cet accord, a révélé le Monténégro, sera un modèle pour les relations avec les autres communautés religieuses.

Du côté du Saint-Siège, étaient présents Mgr Dominique Mamberti, Secrétaire pour les rapports avec les Etats, Mgr Fortunatus Nwachukwu, chef du bureau du protocole de la Secrétairerie d’Etat, Mgr Lech Piechota, Mgr Roberto Lucchini, Mgr Henryk M. Jagodziński et le P. Miroslav Vidović.

Du côté du Monténégro, Mme Svetlana Vujanović, épouse du président, M. Antun Sbutega, ambassadeur du Monténégro près le Saint-Siège, Mme Ranka Mitrović, Chef de cabinet du président, Mme Sonja Tomović-Šundić et M. Luka Ivanović, tous deux conseillers du président.