Saint-Siège : La solidarité au service de la protection de l’environnement

Intervention de Mgr Celestino Migliore à l’ONU

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ROME, Lundi 18 février 2008 (ZENIT.org) - La solidarité est l'élément clef pour protéger l'environnement, a déclaré mercredi dernier à New York Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies.

Mgr Migliore est intervenu aux travaux de la 62ème session de l'Assemblée générale de l'organisation sur le thème « Affronter les changements climatiques : les Nations Unies et le monde à l'œuvre », réaffirmant l'inéluctabilité d'une responsabilité commune quant à la promotion d'un environnement sain pour les générations présentes et futures ».

La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, organisée à Bali en 2007, a-t-il affirmé, montre qu'une « préoccupation majeure pour nos voisins, en particulier pour ceux qui sont plus vulnérables aux changements climatiques, favorise l'adoption de stratégies et de politiques visant à créer un équilibre entre les besoins de l'humanité et l'urgence d'une gestion plus responsable ».

D'où l'importance de la solidarité qui, en matière de protection environnementale, constitue un élément clé de la ligne d'action à suivre.

« Mettre en commun les ressources permet aux initiatives de réduction et d'adaptation d'être financièrement accessibles à la plupart des pays, et d'aider ceux qui sont moins équipés à poursuivre leur développement sans négliger leur environnement », relève-t-il.

« Une attitude qui se révèle d'autant plus cruciale si l'on considère que l'utilisation de ‘technologies propres' est, dans le développement durable, un élément particulièrement important »,  a-t-il ajouté.

« Pour aider les pays en voie de développement à éviter les erreurs que d'autres ont commises par le passé », a poursuivi Mgr Migliore, « les pays hautement industrialisés devraient partager avec eux ce type de technologies ».

Concernant l'engagement du Saint-Siège, il a rappelé que « l'engagement personnel et les nombreux appels publics du pape Benoît XVI ont suscité un réveil des consciences concernant le respect et la nécessité de sauvegarder la création de Dieu ».

Au plan pratique, le Saint-Siège a déjà pris des mesures pour réduire et compenser les émissions de carbone à l'intérieur de la Cité du Vatican en ayant recours à l'énergie solaire.

Selon l'Observateur permanent, « il revient à chaque individu et à chaque nation d'assumer sérieusement sa propre part de responsabilité pour trouver et mettre en pratique une approche qui, face au défi que représentent les changements climatiques, se montrerait la plus équilibrée possible ».

Le développement durable, souligne-t-il «  apporte la clef d'une stratégie qui tient compte, avec équilibre, des demandes relatives à la protection de l'environnement, des changements climatiques, du développement économique et des besoins essentiels de l'homme ».

Malgré la dégradation de l'environnement dans plusieurs régions du monde, le nonce a constaté qu'  « individus et communautés ont commencé à modifier leur style de vie, conscients du fait que le comportement personnel et collectif a un impact sur le climat et sur le bon état de l'environnement ».

De la même manière, les marchés « doivent être encouragés à miser sur des ‘économies vertes' et non à soutenir la demande de biens dont la production même serait cause de dégradation pour l'environnement ».

« Les consommateurs doivent savoir que leur mode de consommation a un impact direct sur la santé de l'environnement.  De cette manière, à travers l'interdépendance, la solidarité et la responsabilité, individus et nations seront davantage capables de créer un équilibre entre les besoins du développement durable et ceux d'une bonne gestion à tous les niveaux ».

Le défi des changements climatiques, a expliqué Mgr Migliore, « est un défi à la fois individuel, local, national et global », qui exige donc « une réponse coordonnée à plusieurs niveaux ».

Il espère, que la prochaine réunion sur la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC), qui aura lieu à Bangkok, en Thaïlande, du 31 mars au 4 avril, « favorisera le lancement de nouvelles stratégies nationales » et « suscitera un partage plus équitable des ressources et des technologies pour aider les pays vulnérables à mieux comprendre et mieux évaluer, en matière de ressource, les risques auxquels ils doivent faire face ».

Si l'on veut atteindre les objectifs pour une meilleure protection de l'environnement, a-t-il conclu, « une alliance globale et l'adoption d'une stratégie politique internationale coordonnée qui soit au service d'un environnement sain pour tous », sont nécessaires.