Sainteté et politique, un mariage possible

Journée Robert Schuman à  la Grégorienne

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 533 clics

Sainteté et politique, un mariage impossible ? C'est la question qui habitera la journée d'étude organisée par l'Université pontificale grégorienne à Rome, samedi prochain, 16 novembre 2013.

L’événement, intitulé « De Robert Schuman à demain. Suite du Christ et engagement politique » marquera l’anniversaire des 50 ans de la mort de Robert Schuman (1886-1963), un des “pères fondateurs” de l’Europe.

La journée sera ouverte par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux avec la question « Sainteté et politique: une contradiction ?»

M. Bruno Le Maire, député Français de l’Eure, interviendra lors de la conclusion sur le thème « Courage et politique »

Les deux postulateurs de la cause de béatification de Robert Schuman, le P. Bernard Ardura et M. Jacques Paragon, président de l’Institut Saint-Benoît-Patron de l’Europe prendront la parole sur le profil politique et spirituel de M. Schuman.

Durant l'après-midi, Mgr Alain Lebeaupin, nonce apostolique auprès de l’Union européenne et le P. Rocco D’Ambrosio, professeur de philosophie politique à la Grégorienne, souligneront les défis de la vie chrétienne dans l'Europe actuelle.

Le lendemain, 17 novembre, les participants sont invités à l'église Saint-Louis-des-Français pour la célébration eucharistique à 10h30.

Robert Schuman a été ministre français des Affaires étrangères entre 1948 et 1952 ainsi que président du Parlement européen de 1958 à 1960.

Déporté en Allemagne en 1940, il réussit à fuir et s'unit à la résistance française, mais les souffrances vécues sous le nazisme l'ont convaincu que l’unité de l’Europe ne pouvait être solide que basée sur une réconciliation durable avec l'Allemagne.

En collaboration avec Jean Monnet, il rédige la Déclaration Schuman prononcée le 9 mai 1950, considéré comme la date de naissance de l’Union européenne. La Déclaration reste un appel de grande actualité, notamment pour ces passages : « La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.. [...] L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble: elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait ».

Robert Schuman y propose la création d'une « Communauté européenne du charbon et de l'acier » (CECA), dont les pays membres mettraient en commun leur production de charbon et d'acier, non seulement pour un avantage économique, mais pour transformer les rivalités – notamment entre la France et l'Allemagne – en collaboration.

En 1951, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas adhèrent à l'accord pour la création de la CECA.

Le procès diocésain pour la canonisation de Robert Schuman a été clôturé en mai 2004.