Salésiens : l'éducation, une question de coeur

Assemblée des écoles supérieures salésiennes

| 1274 clics

Océane Le Gall

ROME, vendredi 13 juillet 2012 (ZENIT.org) –  « L’urgence éducative n’est pas  une crise de techniques éducatives ou de systèmes universitaires  (…). L’éducation, comme disait don Bosco est une question de cœur », a déclaré le recteur majeur des salésiens, le P. Pascual Chàvez, aux participants à la VIème Assemblée des Institutions salésiennes pour l’Éducation supérieure (IUS).

Plus de soixante-dix salésiens et laïcs, provenant de différentes nations, sont réunis depuis mercredi 11 juillet au Salesianum de Rome, à l’initiative du dicastère pour la pastorale des jeunes,  pour faire un point de l’éducation aujourd’hui au niveau international et programmer de nouveaux objectifs pouvant aider à sortir de la crise éducative actuelle, undique un communiqué de la congrégation.

 «  Perspective salésienne sur la présence dans l’éducation supérieure », était le titre de l’intervention du père Chavez  qui a rappelé l’importance d’une éducation fondée sur « une vision intégrale de l’homme »  conduisant avant tout à « la conscience de soi-même (qui sommes-nous); à la capacité d’avoir des relations et de la culture; à la liberté et à la responsabilité ».

 « Depuis longtemps, l’Église a placé avec force la question éducative au centre de son action. Mais la tâche de former les jeunes à un humanisme intégral risque d’être remplacée par des modèles qui confondent le bien avec l’utile, la beauté avec le gout individuel », a-t-il souligné.

Mais l’urgence éducative « n’est pas une crise de techniques éducatives ou de systèmes universitaires. L’éducation est bien plus qu’une technique », a-t-il souligné rappelant que pour don Bosco c’était « une question de cœur ».

Comparant le processus d’éducation à « la gestation », le recteur majeur des salésiens a insisté sur le caractère « primordial » de ce processus qui conduit à la naissance d’un « homme nouveau, une femme nouvelle » qui seront un jour des personnes formées, des professionnels et des citoyens.

La crise de la famille, les difficultés du système scolaire et universitaire et la vitesse  des changements des conditions de vie, sont pour lui les facteurs qui accompagnent l’urgence éducative.

Mais un quatrième s’ajoute qui est, selon lui «  profond et déterminant » : la crise de la culture et de l’anthropologie », caractérisée par deux étapes: la séparation entre le monde « objectif » de la rationalité et le monde « subjectif » et émotif des sentiments et des affections, et « la réduction des expressions de la sphère émotive, affective et morale, y compris la liberté, à de simples activités et processus cérébraux, électrochimiques, pouvant être reproduits artificiellement ».

 « Ces deux étapes diminuent et réduisent l’éducation et par conséquent la valeur de la personne », assure-t-il.

Face à cette situation et face donc à cette « urgence éducative » réaffirmée ponctuellement par Benoît XVI, les Institutions supérieures salésiennes ont le devoir de « donner une contribution culturelle et non pas une simple transmission de connaissances ».

Une des voies proposée par le Père Chavez est faire usage d’une «  thérapie anthropologique, culturelle », pour récupérer la matrice originaire de l’école, née pour « humaniser ».

En partant de l’expérience de don Bosco, le P. Chávez a indiqué, comme dans le monde sportif, quelques éléments fondamentaux de l’éducation: Aimer la personne que l’on doit éduque » ; ne pas éviter les questions et les inquiétudes des étudiants, aussi bien explicites qu’implicites ; savoir conjuguer la discipline qui forme le caractère avec la liberté, et aider les jeunes à prendre le risque d’être libres ; enfin, ne pas épargner aux jeunes la souffrance, qui fait partie de la vie.

Mais pour cela il faut que les enseignants eux-mêmes soient éduqués, a poursuivi le P. Chavez, et aujourd’hui «  nombreux sont ceux qui enseignent, mais rares ceux qui éduquent! ».  Éduquer, rappelle-t-il,  signifie « proposer des vérités, communiquer des valeurs, indiquer des idéaux de vie, proposer des systèmes de vie communautaire allant au-delà de l’économie, de la politique ».

« Qu’est-ce que l’éducation et qui sont les éducateurs? », a-t-il alors demandé aux représentants des IUS, à la lumière de tous les problèmes, des défis et des responsabilité nouvelles qui requièrent de leur part des « tâches multiples et impensables pour l’éducation » aux plans : théorique (éduquer à la vérité, créer du sens..) ; historique (éduquer à la justice et à la solidarité pour une coexistence fondée sur le respect et la collaboration…) ; civique (pour une formation intégrale de la personne dans le respect des principes démocratiques de coexistence et des droits et des libertés fondamentales…)

« Nous pouvons faire ressortir quelque chose de nouveau si nous remplissons nos engagements théoriques, historiques et civiques », a insisté le père Chavez avant de conclure en souhaitant que les universités salésiennes soient « vraiment » des centres éducatifs et confirmant : « Nous avons besoin de qualité personnelle, de propositions, d’extension sociale et de service à l’humanité ».