« Sanergie », une « pseudo-médecine » qui s'oppose à la foi et à la raison

Analyse d'un expert des sectes, Vicente Jara

| 2009 clics

ROME, Vendredi 9 juillet 2010 (ZENIT.org) - Sanergie est une « pseudo-médecine » qui « mélange la philosophie orientale, le gnosticisme, les capacités d'auto-guérison, le potentiel humain », en « se moquant » « de la maladie et de la faiblesse de l'être humain qui parfois, dans son désespoir, sa frustration, sa douleur et son angoisse, se laisse facilement trompé ».

C'est ce qu'affirme Vicente Jara, laïc dominicain et expert du Réseau d'étude des sectes pour la péninsule ibérique et l'Amérique latine (Red Iberoamericana de Estudio de las Sectas - RIES), dans des déclarations à ZENIT. Il propose une analyse de cette thérapie alternative en se basant sur ses connaissances du phénomène de la nouvelle religiosité et sur la foi chrétienne.

Vicente Jara explique que, selon son fondateur, Alessandro di Masi, « Sanergie » « est une forme de guérison bioénergétique » qui « nous relie au Dessein Originel », nous « reprogramme », « libère notre force vitale en canalisant notre énergie ».

« Avec Sanergie, vous désactivez les maladies avant qu'elles n'apparaissent, en transmettant aux cellules des messages de santé, de vie. La société moderne tue les cellules avec ses messages négatifs. Chaque fois que nous prenons un cachet nous disons à notre corps qu'il est malade et cela confirme la maladie », affirme Alessandro di Masi, selon Vicente Jara.

L'expert de la RIES affirme que ceci est une négation « de l'existence d'agents pathogènes, de virus et micro-organismes, des variations dans les systèmes immunitaires des êtres humains » et, en définitive de toutes les conquêtes de l'humanité dans le domaine de la médecine.

Ils parlent de « guérisons miraculeuses, qui défient toute logique, de soulagement de souffrances même dans des cas de chimiothérapie, de guérison de troubles mentaux » et prétendent que « les maladies les plus dangereuses sont les plus faciles à guérir », explique Vicente Jara.

« Chaque personne détient un pouvoir et peut guérir les autres à distance », poursuit-il, toujours en citant le fondateur de Sangergie.

La guérison intervient sans contact physique, en suivant avec les mains les vibrations de l'univers que possède chaque personne. Selon di Masi, « dans un passé lointain, l'homme avait la capacité de se guérir mais l'a perdue au fil du temps ».

Vicente Jara explique que tout cela « s'oppose à la science anthropologique, historique et médicale », et que toutes ces affirmations sont « sans fondement scientifique ».

Sanergie est, selon les pseudo-médecins qui la pratiquent, une méthode de guérison « facile et sans règles ». « Nous guérissons sans savoir comment mais ça marche tout le temps », affirment-ils.

« Sanergie, comme tout autre pseudo-médecine et magie », explique Vicente Jara, attaque deux fronts, avec virulence : d'un côté la racine de la science, de la raison et de la médecine ; et de l'autre, la foi, la foi chrétienne et les chrétiens, l'Eglise catholique.

Il cite à nouveau di Masi selon lequel « la majorité des malades de cette planète sont chrétiens. Il y a plus d'hôpitaux en Europe que dans le monde entier réuni » et qui déplore que nous ayons été « éduqués » avec l'exemple d'un homme crucifié, et donc avec l'idée que « nous devons souffrir, payer pour nos péchés, être humbles, soumis, respectueux, obéissants, crédules ».

Vicente Jara estime que ceci est une « manipulation de la vérité » car selon lui, le développement de la médecine en occident et le nombre important d'hôpitaux est dû avant tout à l'importance donnée à la « raison scientifique », au « soin des pauvres », l'Eglise souhaitant montrer sa proximité aux pauvres et aux malades, comme Jésus de Nazareth le prêcha et le vécut.

D'autre part, ajoute-t-il, son attaque à la mort en croix de Jésus Christ et sa conception de la rédemption et de la passion montrent qu'il n'a pas compris le sens « de salut et de rédemption de la Croix et de la Résurrection, le triomphe de la vie sur la mort ».

« Les personnes qui prient sont celles qui n'ont pas la foi. Si elles prient continuellement, c'est parce qu'elles n'ont foi ni dans le guérisseur, ni en dieu, ni en elles-mêmes. C'est toi qui choisis, tu es Dieu, ce que tu crois c'est ce que tu crées », affirme di Masi.

Vicente Jara voit là un « désir diabolique d'être 'comme Dieu', en opposition à la raison et à la foi ».

« C'est pour cette raison que la foi et la raison doivent être nos biens les plus précieux dans cette vie et ceux que nous devons soigner, développer et protéger le plus, car, comme nous le rappela Jean-Paul II au début de l'encyclique Fides et Ratio, « la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité ».