Santé : Mgr Zimowski plaide pour des soins adaptés

Messe pour les centres de santé de Rome

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Anne Kurian

ROME, mercredi 19 décembre 2012 (Zenit.org) – Mgr Zimowski plaide pour des soins adaptés pour toutes les personnes malades, spécialement les personnes âgées, auxquelles sont dues la « vénération et la gratitude ».

Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a présidé une messe de préparation à Noël organisée par des centres de santé de Rome, en l’église du Saint-Esprit – Santo Spirito in Sassia, égalemnt sanctuaire de la Miséricorde divine, attenant à l'hôpital du même nom – à quelques pas du Vatican, ce 19 décembre 2012.

Le complexe hospitalier l’ASL Roma gère l’un des hôpitaux les plus anciens du monde, l’hôpital de Santo Spirito in Sassia (VIIIe siècle) où ont servi notamment les saints Philippe Neri et Camille de Lellis.

Plaidoyer pour des soins adaptés

L'archevêque a notamment confié ses préoccupations pour les réformes actuelles du monde de la santé, qui « semblent tenir compte uniquement de l’aspect économique », négligeant son « âme, son essence vitale », à savoir « la personne souffrante », a-t-il expliqué : « on parle de réduction des lits mais pas de ceux qui seront privés de soin ».

Il s’est inquiété plus particulièrement des personnes âgées, en l’occurrence « la génération qui a contribué à faire renaître ce pays des ruines de la seconde Guerre mondiale » : « ce sont eux aujourd’hui qui ont besoin de notre aide », a-t-il rappelé.

La « vénération et gratitude » qui leur sont dues « doivent se traduire par la garantie d’une assistance médicale adaptée », a-t-il insisté, appelant de ses vœux, en citant Benoît XVI, une « vraie justice distributive qui garantisse à tous, sur la base des besoins objectifs, des soins appropriés ».

Pour répondre aux besoins, Mgr Zimowski a exhorté à « un effort commun de tous » mais aussi à « une profonde conversion du regard », car « c’est seulement en regardant le monde avec le regard d’amour du créateur, que l’humanité pourra destiner les ressources au bien de tout homme et de toute femme ».

Manifestation de la gloire de Dieu

Evoquant les lectures du jour, qui mettent en scène deux femmes stériles  de l’Ancien et du Nouveau Testament – les mères de Samson et Jean-Baptiste – rendues fécondes par Dieu, il a médité sur les « dons de Dieu pour l’humanité ».

Pour l'archevêque polonais, c’est la « gloire de Dieu » de se manifester en accomplissant des « merveilles » en ce qui est « humainement appelé faible, pauvre » : Dieu rend « féconde la virginité, riche la pauvreté, forte la faiblesse, victorieuse la défaite et glorieuse la croix », a-t-il constaté.

Et lorsqu’il agit « dans la faiblesse humaine », il montre « la puissance et la gratuité de son amour » pour les hommes. Tout ceci, a estimé le président du dicastère, est « motif de joie pour les simples », car le « choix gratuit de Dieu » est dirigé vers l’homme, « spécialement s’il est pauvre ou souffrant ».

Dieu donne, a-t-il ajouté, « non parce que l’homme est bon », mais parce que « Celui qui aime l’homme est bon ». Mais l’homme qui bénéficie des dons de Dieu a également une responsabilité : « ce don apporte la joie et cette joie doit se remarquer » dans sa vie.

La vraie prière chrétienne

Cependant, a fait observer l'archevêque, pour recevoir le don de Dieu, il faut « s’ouvrir à Lui avec une foi généreuse et une confiance joyeuse ».

Il a exhorté à « ne pas douter de Dieu, même si comme Zacharie et Elisabeth, il nous faut attendre tout une vie », car « Son amour pour nous ne s’amoindrit jamais ».

Pour Mgr Zimowski, la prière chrétienne est donc « la prière de celui qui se sait aimé, écouté et toujours exaucé par un Père bon et miséricordieux » : il s’agit de demander « avec la certitude d’être pleinement exaucés ».

Les « tentations d’incrédulité » et les « formes de mutisme » dans la prière sont des « fruits de cette incapacité à croire et s’émerveiller devant les œuvres de Dieu », a-t-il poursuivi, donnant pour antidote « le Notre Père », une « école insurpassable de prière ».

La mission de Jean-Baptiste continue

Revenant sur la figure de Jean-Baptiste, il a fait remarquer que si le précurseur du messie « accomplit pleinement sa mission », néanmoins « sa contribution n’est pas terminée » : en effet, elle concerne « l’engagement de l’Eglise, le devoir des chrétiens d’être messagers de joie pour le don de Dieu et d’agir comme ses précurseurs dans leur environnement social ».

Jean-Baptiste est de ce fait « un homme pour tous les temps, une figure toujours actuelle, durant l’Avent et pas seulement ».

Il s’est arrêté particulièrement sur le domaine du médical, où il faut « apporter l’espérance », « être messagers de la joie du Christ médecin », sans se laisser « décourager par les difficultés » mais en laissant « la puissance divine agir sur nos limites humaines ».

Il a exhorté les soignants à « rendre les lieux de soin plus humains, plus accueillants et plus respectueux de la dignité des personnes », une mission qui n’est « pas aisée », a-t-il concédé.

Durant l’Avent, les croyants sont invités à « laisser le Christ source inépuisable de la vie, soigner les infertilités des coeurs et triompher de la faiblesse, de la stérilité spirituelles, des préoccupations et des peurs » afin de pouvoir « combattre les maux du monde où nous vivons », a-t-il conclu.