Science: La religion, plus l´ennemi à combattre, mais un ami à découvrir

Nouveau climat de dialogue entre science et foi par le card. Poupard

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CITE DU VATICAN, Vendredi 11 janvier 2002 (http://www.zenit.org) - Le cardinal Paul Poupard estime que l´on assiste à un nouveau climat de dialogue entre science et foi, favorable à l´avenir de l´humanité. La religion n´est plus "un ennemi à combattre", mais "un ami à découvrir".



Un nouveau climat de dialogue est en acte entre la science et la foi, tendant à surmonter les tendances réductrices des dernières décennies, constitue un facteur décisif pour un authentique progrès et l´avenir de l´humanité. C´est en substance ce que constatait le cardinal Paul Poupard, président du conseil pontifical de la culture, dans un discours au congrès international organisé par l´Université pontificale du Latran, en collaboration avec l´université interdisciplinaire de Paris, et le Centre de théologie et sciences naturelles de Berkeley, sur le dialogue entre Science, philosophie et théologie.

Le cardinal rappelait aux hommes de science que "la religion n´est plus un ennemi à combattre mais un ami potentiel à découvrir". "L´expérience nous enseigne, expliquait le cardinal en citant le pape, que les sciences ont souvent contribué à purifier la religion de multiples erreurs et superstitions. La religion peut, de son côté, purifier la recherche scientifique de l´idolâtrie des idéologies matérialistes et réductrices, qui à la fin se retournent contre la dignité de l´homme. Science et foi ont en définitive un rôle réciproque de purification". De là de nouveaux horizon de sagesse et d´espérance au service de l´homme.

Le cardinal Poupard soulignait que "la dignité de l´homme" constitue la seule limite pour la science dont le progrès devrait s´accompagner d´un "progrès analogue des valeurs morales" sans lesquelles la science elle-même perdrait sa dignité.

Le cardinal évoquait l´inhumanité du camp d´extermination d´Auschwitz et de la logique nazie qui considérait les déportés comme des êtres inférieurs, sans dignité.

"Les récents développements de la recherche biogénétique et les expériences de clonage d´embryons humains considérés comme de simples objets nous le rappellent, avertissait le cardinal, que cette tentation reste présente aujourd´hui. Face à cette tentation récurrente, il faut dire: jamais on ne pourra reconnaître comme un progrès authentique ce qui réduit l´homme à un objet".

"Les techniques de manipulation génétique, de fécondation articficielle et d´expérimentation sur les embryons humains, ajoutait-il, souffrent d´un cruel déficit dans la justification de leurs développements et lancent un terrible défi non seulement à l´Eglise mais à toute l´humanité".

Le cardinal dénonce la tentation grave "de renoncer à la vérité", et de mettre tout en discussion: "Lorsque l´homme perd la conscience de son être de créature et prétend de s´ériger en maître absolu du bien et du mal, le danger est grand de remettre en cause le fondement même de notre civilisation".

Le cardinal Poupard voit dans ce nouveau climat entre science et religion un "fruit concret du Jubilé". Le cardinal évoquait en effet le "dégel" provoqué par le Jubilé des scientifiques, un événement unique dans l´histoire de l´Eglise, mais aussi les nouvelles chaires et les nouveaux programmes d´études sur le thème "science et religion" qui se créent actuellement dans différentes universités, ainsi que les nombreux articles à caractère religieux parues dans des publications scientifiques.