Sculpteur à la Sagrada Familia, il se convertit grâce à Gaudi

Témoignage du Japonais Etsuro Sotoo

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ROME, Lundi 8 novembre 2010 (ZENIT.org) - « J'ai commencé à regarder Gaudi pour apprendre à être sculpteur, jusqu'à ce que je comprenne que pour le rejoindre, je devais regarder là où il regardait ».

C'est le témoignage donné à L'Osservatore Romano, le 7 novembre, par le sculpteur japonais Etsuro Sotoo. Depuis 1978, il travaille sur le chantier de la Sagrada Familia, à Barcelone. « Son travail lui a permis de compléter la façade de la Nativité, commencée par Gaudi lui-même, et en regardant le maître, il a embrassé la foi catholique », explique le quotidien du Vatican.

D'abord enseignant d'art au Japon, Etsuro Sotoo se sent attiré par le travail de la pierre. « J'ai décidé de quitter l'enseignement et de chercher un lieu où domine une culture sculptée dans la pierre ». Il décide alors de partir pour l'Europe.

« Quand je suis arrivé à Barcelone et que j'ai vu la Sagrada Familia pour la première fois, elle m'a beaucoup attiré », explique-t-il. « Je voulais travailler ici. Le directeur des travaux d'alors, Isidre Puig Boada, m'a fait faire un essai et ils m'ont embauché. Je souhaitais connaître à fond ce maître d'architecture qui travaillait la pierre de manière si fascinante ».

Peu à peu, il réalise des sculptures en se posant « la question de la signification des choses » et apprend à connaître Gaudi.

« En travaillant à la Sagrada Familia, j'ai commencé à sentir un profond besoin de connaître le sens du symbolisme catholique que Gaudi me transmettait, puisque ses idées architectoniques naissent de sa foi », affirme-t-il.

« Avec un ami architecte, José Manuel Almuzara, nous avons commencé à nous rencontrer assidûment pour étudier ses enseignements à travers son œuvre, le symbolisme de ses formes et figures, en lisant attentivement les textes bibliques et les commentaires et textes des collaborateurs », explique-t-il encore.

Et le déclic vers la foi se fait lors d'un voyage en avion. « J'ai remarqué une femme avec un enfant dans les bras, et j'ai été ému en voyant l'amour avec lequel elle s'en occupait. Je me suis dit : ‘Si c'est de l'amour humain, qu'en sera-t-il de l'amour divin ?' », raconte-t-il.

« Ce fut l'impulsion dont j'avais besoin : j'ai alors voulu recevoir le baptême pour participer à cet amour », conclut-il.

Marine Soreau