Se libérer de l'hypocrisie, mode d'emploi

Le carême, c'est fait pour changer la vie

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 795 clics

Le mot clef du carême, c’est la « conversion », explique le pape François dans son homélie ce mardi 18 mars, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican, ce qui signifie qu’il s’agit d’un temps propice pour se rapprocher du Christ, changer de vie. La conversion de l’hypocrisie - de celui qui se croit meilleur que les autres - au service. Mais comment savoir si je ne suis pas un hypocrite ? Le pape indique comment vérifier.

Commentant le Livre d’Isaïe, le pape a évoqué l’appel à la conversion des « cités pécheresses » de Sodome et Gomorrhe, signes de la nécessité générale de « changer de vie », de « bien examiner notre âme », car on « y trouvera toujours quelque chose ».

Le temps du carême sert justement à « réparer la vie », en se rapprochant de Dieu : « Lui, nous veut tout proches » et « nous attend pour nous pardonner », mais il veut un « rapprochement sincère ».

Le pape met une nouvelle fois en garde contre l’hypocrisie : que font les hypocrites ? demande-t-il : « Ils se maquillent, se maquillent en « bons », montrent un visage d’image d’Epinal, prient en regardant le ciel, ils se font voir, se sentent plus justes que les autres, méprisent les autres. Ils se disent : « Je suis catholique, parce que mon oncle a été un grand bienfaiteur, voilà ma famille ! Et moi je suis… j’ai appris … j’ai connu l’évêque Un Tel, le cardinal Un Tel, le père Un Tel, je suis…. » Ils se sentent meilleurs que les autres. Voilà ce que c’est l’hypocrisie. Le Seigneur dit : « Non, celui-là, non… » Personne n’est juste par lui-même. Nous avons tous besoin d’être justifiés. Et le seul qui nous justifie, c’est Jésus-Christ ».

Se rapprocher de Dieu est nécessaire, continue le pape, « pour ne pas être des chrétiens maquillés, et, lorsque cette apparence passe, on voit la réalité, qu’ils ne sont pas des chrétiens ».

Et qu’est ce qui “nous prouve que nous ne sommes pas des hypocrites et que nous nous approchons du Seigneur ? », demande le pape. Dieu lui-même, explique-t-il, donne la réponse dans la première lecture : Lavez-vous, purifiez-vous, éloignez de mes yeux le mal de vos actions, cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien. Voilà l’invitation, mais quel est le signe que nous sommes sur le bon chemin ? ».

Il répond : « Venez au secours de l’opprimé, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve. Prendre soin du prochain, du malade, de ce dont il a besoin, de l’ignorant. Voilà la preuve. Les hypocrites ne savent pas faire cela. Parce qu’ils ne sont pas tant remplis d’eux-mêmes qu’aveugles : ils ne voient pas les autres. Quand on chemine un peu et que l’on s’approche du Seigneur, la lumière du Seigneur fait voir ces choses-là et on va aider ses frères. Voilà le signe, le signe de la conversion ».

Certes, a fait observer le pape “ce n’est pas toute la conversion”, la conversion, c’est la “rencontre avec Jésus”, et voilà “le signe que nous sommes avec Jésus: s’occuper de ses frères, les plus pauvres, les malades, comme le Seigneur l’enseigne” et comme on le lit dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 25.

“Le carême est fait pour ajuster la vie, la réparer, la changer, pour s’approcher du Seigneur. Le signe que nous sommes loin du Seigneur, c’est l’hypocrisie. L’hypocrite n’a pas besoin du Seigneur, il se sauve lui-même – c’est ce qu’il pense -, il se déguise en saint. Le signe que nous nous sommes rapprochés du Seigneur grâce à la pénitence c’est que nous demandons pardon, et que nous prenons soin de nos frères dans le besoin. Le Seigneur nous donne à tous la lumière et le courage de nous convertir, de nous approcher du Seigneur. C’est beau d’être proches du Seigneur”.