Se préparer pour le Ciel

Homélie du matin

Rome, (Zenit.org) | 1869 clics

Pour le pape François, « se préparer au ciel, c’est commencer à le saluer de loin. C’est aussi faire confiance à Jésus qui dit « Ayez foi en moi » et le laisser « préparer notre cœur et nos yeux pour cette beauté [de l’au-delà] qui est si grande ».

Le pape a célébré la messe en chapelle de la Maison Sainte Marthe, ce matin, 26 avril 2013, en présence de quelques salariés de la Typographie vaticane, de la Gendarmerie et du Bureau central du travail du Siège apostolique (Ulsa).

Selon Radio Vatican, lors de son homélie, le pape s’est arrêté sur l’Évangile du jour, où Jésus dit à ses disciples : « Que votre cœur ne se trouble pas » (Jn 14,1-6).

Jésus parle comme un ami

« Ces paroles de Jésus sont réellement très belles. Au moment de prendre congé de ses disciples, Jésus leur parle, mais vraiment avec son cœur. Il sait que ses disciples sont tristes, parce qu’ils se rendent compte que les choses ne vont pas bien. Il leur dit : « Mais que votre cœur ne se trouble pas », a commenté le pape.

Jésus, a-t-il ajouté, parle « comme cela, comme un ami, et même avec une attitude de pasteur. Je me dis que cette musique des paroles de Jésus, c’est l’attitude du pasteur, c’est ce que fait le pasteur avec ses brebis, non ? … « Mais que votre cœur ne se trouble pas. Ayez foi en Dieu, et aussi en moi ». Pour le pape, Jésus signifie par là : « je reste fidèle ».

Et Jésus, a-t-il constaté, parle « du ciel, de la patrie définitive : comme le ferait un ingénieur, un architecte, il leur dit ce qu’il va faire : « Je vais vous préparer une place, il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père ». Et Jésus va nous préparer une place ».

Préparer une place au Ciel

« Que signifie « préparer une place » ? Louer une chambre là-haut ? Préparer une place, « c’est préparer notre possibilité de goûter, la possibilité de voir, de sentir, de comprendre la beauté de ce qui nous attend, de cette patrie vers laquelle nous marchons », a expliqué le pape.

« Et toute la vie chrétienne est un travail de Jésus, de l’Esprit-Saint pour nous préparer une place, pour préparer nos yeux à voir », a-t-il ajouté, même si l’on n’a « pas besoin de lunettes ! » : « c’est une autre vision… Pensons aux personnes qui sont atteintes de cataracte et qui doivent se faire opérer : elles voient, mais après l’intervention, que disent-elles ? « Jamais je n’avais pensé que l’on pouvait voir ainsi, sans lunettes, aussi bien ! ».

Ainsi, « nos yeux, les yeux de notre âme ont besoin – c’est une nécessité – de se préparer à regarder le visage merveilleux de Jésus. Préparer nos oreilles à entendre de belles choses, de belles paroles. Et surtout, préparer notre cœur, préparer notre cœur à aimer, à aimer davantage ».

Sur le chemin de la vie, a souligné le pape, le Seigneur « prépare notre cœur par des épreuves, des consolations, des tribulations, par de bonnes choses ».

Pas d’aliénation, la vérité

C’est pourquoi « tout le chemin de notre vie est un chemin de préparation. Parfois le Seigneur doit agir rapidement, comme il l’a fait avec le Bon Larron : il n’avait que quelques minutes pour le préparer, et c’est ce qu’il a fait ».

Mais « normalement », a fait observer le pape, il faut du temps pour « permettre à son cœur, à ses yeux, à ses oreilles de se préparer pour arriver dans cette patrie… notre patrie ».

Si certaines personnes pensent « que toutes ces idées sont une aliénation, que nous sommes aliénés, que la vie est celle-ci, la vie concrète, et que de l’autre côté, on ne sait pas ce qu’il y a… », cependant Jésus redit : « Ayez foi en moi ». Ce que moi, je te dis, c’est la vérité ; je ne te trompe pas, je ne me moque pas de toi ».

« Se préparer au ciel, a dit encore le pape, c’est commencer à le saluer de loin. Ce n’est pas une aliénation, cela, c’est la vérité ; c’est laisser Jésus préparer notre cœur et nos yeux pour cette beauté qui est si grande. C’est « le chemin de la beauté » et « le chemin du retour dans notre patrie ».

« Prions pour que le Seigneur nous donne cette espérance forte, le courage et aussi l’humilité de le laisser préparer la demeure, la demeure définitive, dans notre cœur, nos yeux et nos oreilles », a-t-il conclu.

Hélène Ginabat, avec Anne Kurian