Se souvenir de Dieu au quotidien, une priorité

50.000 jeunes invités à bien employer leur temps

Rome, (Zenit.org) Pape François | 644 clics

Le pape François exhorte les jeunes à bien employer leur temps : « peut-être que beaucoup perdent trop de temps dans des choses futiles – internet, téléphone mobile », qui « détournent l’attention de ce qui est réellement important ». Or, « dans la routine quotidienne, une des priorités devrait être de se souvenir de Dieu ».

Le pape a rencontré quelque cinquante mille servants d'autel de langue allemande, originaires des diocèses d’Allemagne, de Vienne et de Lettonie, place saint-Pierre, le 5 août 2014, dans le cadre d'un pèlerinage intitulé : « Libres ! Parce qu’il est permis de faire le bien » (Mt 12,12).

Après la prière des vêpres avec le pape, à 18h30, et les salutations du cardinal Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, le pape a répondu aux questions posées par quatre porte-parole.

Il a donné aux jeunes une tâche qui leur est « spécialement réservée » : « parler de Jésus à vos contemporains, non seulement à l’intérieur de la communauté paroissiale ou de votre association, mais surtout à l’extérieur ».

« Avec votre courage, votre enthousiasme, votre spontanéité et votre facilité à rencontrer, vous pouvez arriver plus facilement à l’esprit et au cœur de ceux qui se sont éloignés du Seigneur », a-t-il ajouté.

Le pape leur a également demandé de bien employer leur liberté : « N’abîmez pas la grande dignité d’enfants de Dieu qui vous a été donnée ! Si vous suivez Jésus et son Évangile, votre liberté s’épanouira comme une plante en fleurs et portera des fruits bons et abondants ! Vous trouverez la joie authentique. »

A.K.

Discours du pape François après les vêpres

Merci beaucoup pour votre visite !

Je voudrais vous proposer quelques points de réflexion, en gardant à l’esprit les questions que m’ont adressées vos quatre représentants…

Vous vous demandez ce que vous pouvez faire pour être davantage acteurs dans l’Église et ce qu’attend la communauté chrétienne des servants de messe. Avant tout, souvenons-nous que le monde a besoin de personnes qui témoignent aux autres que Dieu nous aime, qu’il est notre Père. Dans la société, tous les individus ont le devoir de se mettre au service du bien commun, en offrant ce qui est nécessaire pour l’existence : la nourriture, les vêtements, les soins médicaux, l’instruction, l’information, la justice…

En tant que disciples du Seigneur, nous avons une mission en plus : être « des canaux » qui transmettent l’amour de Jésus. Et dans cette mission, vous, les jeunes, vous avez un rôle particulier : vous êtes appelés à parler de Jésus à vos contemporains, non seulement à l’intérieur de la communauté paroissiale ou de votre association, mais surtout à l’extérieur. C’est un engagement qui vous est spécialement réservé, parce qu’avec votre courage, votre enthousiasme, votre spontanéité et votre facilité à rencontrer, vous pouvez arriver plus facilement à l’esprit et au cœur de ceux qui se sont éloignés du Seigneur. Tant de jeunes de votre âge ont un immense besoin de quelqu’un qui, par sa vie, leur dise que Jésus nous connaît, que Jésus nous aime, que Jésus nous pardonne, qu’il partage avec nous nos difficultés et nous soutient par sa grâce.

Mais pour parler aux autres de Jésus, il faut le connaître et l’aimer, faire l’expérience de lui dans la prière, dans l’écoute de sa parole. Cela vous est facilité par votre service liturgique, qui vous permet d’être proche de Jésus, Parole et Pain de vie. Je vous donne un conseil : l’Évangile que vous écoutez dans la liturgie, relisez-le personnellement, en silence, et appliquez-le à votre vie ; et avec l’amour du Christ, reçu dans la sainte communion, vous pourrez le mettre en pratique. Le Seigneur appelle chacun de vous à travailler dans son champ ; il vous appelle à être des acteurs joyeux dans son Église, prêts à communiquer à vos amis ce qu’il vous a communiqué, spécialement sa miséricorde.

Je comprends vos difficultés à concilier votre engagement comme servant de messe et vos diverses activités, nécessaires à votre croissance humaine et culturelle. Il faut s’organiser un peu, programmer les choses de façon équilibrées… mais vous êtes allemands, et vous n’avez pas de mal à faire cela ! Notre vie est faite de temps, et le temps est un don de Dieu, c’est pourquoi il faut l’employer dans des actions bonnes et fructueuses. Peut-être que beaucoup de jeunes perdent trop de temps dans des choses futiles : chatter sur internet ou sur son téléphone mobile, les « feuilletons », les produits du progrès technologique, qui devraient simplifier et améliorer la qualité de la vie, et qui parfois détournent l’attention de ce qui est réellement important. Parmi les nombreuses choses à faire dans la routine quotidienne, une des priorités devrait être de se souvenir de notre Créateur, qui nous donne de vivre, qui nous aime et qui nous accompagne sur notre chemin.

C’est précisément parce que Dieu nous a créés à son image, que nous avons reçu de lui aussi ce grand don qu’est la liberté. Mais si nous ne l’exerçons pas bien, la liberté peut nous mener loin de Dieu, elle peut nous faire perdre la dignité dont il nous a revêtus. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir des orientations, des indications et même des règles, tant dans la société que dans l’Église, pour nous aider à faire la volonté de Dieu, en vivant ainsi selon notre dignité d’homme et d’enfants de Dieu. Quand notre liberté n’est pas façonnée par l’Évangile, elle peut se transformer en esclavage : l’esclavage du péché. Nos ancêtres, Adam et Ève, en s’éloignant de la volonté divine, sont tombés dans le péché, c’est-à-dire dans un mauvais usage de leur liberté.

Chers jeunes, n’employez pas mal votre liberté ! N’abîmez pas la grande dignité d’enfants de Dieu qui vous a été donnée ! Si vous suivez Jésus et son Évangile, votre liberté s’épanouira comme une plante en fleurs et portera des fruits bons et abondants ! Vous trouverez la joie authentique, parce qu’il veut que nous soyons des hommes et des femmes pleinement heureux et réalisés. C’est seulement en adhérant à la volonté de Dieu que nous pouvons accomplir le bien et être lumière du monde et sel de la terre !

Que la Vierge Marie, qui s’est reconnue comme « la servante du Seigneur » (Lc 1,38), soit votre modèle pour servir Dieu ; qu’elle, notre Mère, vous aide à être, dans l’Église et dans la société, des protagonistes du bien et des artisans de paix, des jeunes remplis d’espérance et de courage.

Homélie du pape pour les vêpres

Les paroles de Saint-Paul que nous venons d’entendre, tirées de la Lettre aux Galates, retiennent notre attention. Le temps est accompli, dit Paul. Maintenant, Dieu réalise son œuvre décisive. Ce qu’il a toujours voulu dire aux hommes, à travers les paroles des prophètes, il le manifeste maintenant par un signe évident. Dieu nous montre qu’il est un Père bon. Et comment le fait-il ? Il le fait à travers l’incarnation de son Fils, qui devient comme l’un de nous. À travers cet homme concret nommé Jésus, nous pouvons comprendre quelle est la véritable intention de Dieu. Il veut des personnes humaines libres, parce qu’elles se sentent protégées comme les enfants d’un bon Père.

Pour réaliser son dessein, Dieu a seulement besoin d’une personne humaine. Il a besoin d’une femme, une mère qui mette au monde son Fils. C’est la Vierge Marie que nous honorons par cette célébration des vêpres. Marie a été totalement libre. Dans sa liberté, elle a dit « oui ». Elle a toujours fait le bien. C’est ainsi qu’elle a servi Dieu et les hommes. Elle a servi Dieu et les hommes. Imitons son exemple, si nous voulons savoir ce que Dieu attend de nous, ses enfants.

Traduction de Zenit, Constance Roques