Séismes en Italie du nord : "Vous n'êtes pas seuls !"

Discours de Benoît XVI à la population d'Emilie-Romagne

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Anne Kurian

ROME, mardi 26 juin 2012 (ZENIT.org) – « Vous n’êtes pas seuls !», a affirmé Benoît XVI durant sa visite en Italie du nord, où il a montré sa proximité pour les victimes des secousses sismiques frappant la région depuis le 19 mai dernier.

Benoît XVI s’est en effet rendu, pour quelques heures, dans la région de l’Emilie-Romagne, ce mardi 26 juin 2012 au matin. Le pape a visité Rovereto di Novi, faisant halte à l’église sainte Catherine d’Alexandrie – dont l’écroulement a causé la mort du curé, le P. Ivan Martini – et rencontré la population. Etaient présents notamment le cardinal Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, et le ministre des affaires régionales, Piero Gnudi, représentant du gouvernement.

Benoît XVI y a adressé un discours à la population, discours qui s’est étendu à toutes les victimes de catastrophes naturelles du monde entier, exprimant avec émotion sa proximité et sa sollicitude (cf. Ci-dessous, Documents, pour la traduction intégrale en français).

Vous n’êtes pas seuls

Benoît XVI a invité les italiens du nord à garder au cœur cette certitude : « Vous n’êtes pas et vous ne serez pas seuls! ».

En effet, a-t-il constaté, même « au milieu de tant de destruction et de tant de douleur », de nombreuses personnes « ont agi pour exprimer leur proximité, leur solidarité, leur affection; et ceci à travers tant de signes et d’aides concrètes ».

Ainsi, la « présence » du pape « au milieu » des populations de la région, veut être « un de ces signes d’amour et d’espérance » : Benoît XVI a répété à plusieurs reprises qu’il a « senti fortement le besoin de venir en personne », assurant que sa « pensée » allait souvent vers eux.

Le pape s’est soucié particulièrement du fait qu' « en plus que de subir les conséquences matérielles », la population est « mise à l’épreuve » dans son âme, par la répétition des secousses, encore fortes.

C’est pourquoi il a encouragés les Italiens du nord, car « la vie recommence, veut recommencer avec force et courage » : les terres et les populations ont des « blessures », mais, a rappelé le pape, « tant de mains veulent les soigner ».

Se disant « uni à vous avec grande affection », le pape a élargi son propos à « tous les pays, toutes les populations qui ont subi des dommages à cause de séismes, spécialement les familles et les communautés qui pleurent les défunts ».

« Je voudrais que tous, dans tous les pays, sentiez que le cœur du pape est proche de votre cœur pour vous consoler, mais surtout pour vous encourager et pour vous soutenir », a-t-il redit.

Un roc inébranlable

Le pape a confié avoir été récemment « touché », en priant le psaume 46, par l’expression: «Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert. Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s'effondrent au creux de la mer » (Ps 46,2-3).

« Ces paroles du psaume me touchent, a-t-il précisé, surtout pour ce qu’elles affirment de notre attitude intérieure en face du bouleversement de la nature: une attitude de grande assurance, fondée sur le roc stable, inébranlable qui est Dieu ».

Le psaume, a expliqué le pape, ne se réfère pas à la peur « naturelle » qu’ont vécue les victimes des séismes, et la certitude mentionnée « n’est pas celle des surhommes qui ne sont pas atteints par des sentiments normaux ».

L’assurance dont parle le psaume est « celle de la foi, par laquelle, certes, il peut y avoir la peur, l’angoisse mais, il y a surtout la certitude que Dieu est avec nous ». Cette certitude s’apparente à celle de « l’enfant qui sait qu’il peut toujours compter sur sa maman et son papa, car il se sent aimé, voulu, quoi qu’il arrive ».

C’est ainsi qu’est l’homme par rapport à Dieu: « petit, fragile, mais en sécurité dans ses mains, c’est-à-dire confié à son amour qui est solide comme un roc ». Par le Christ crucifié, l’amour de Dieu est « solidaire avec nous jusqu’à l’extrême humiliation ».

« Sur ce rocher, a affirmé le pape, avec une ferme espérance, on peut construire, et reconstruire. »

Benoît XVI a également lancé un appel « aux institutions et à chaque citoyen », à être « comme le bon samaritain de l’Evangile qui ne passe pas indifférent devant celui qui est dans le besoin, mais avec amour, se penche, secoure, reste proche, se chargeant jusqu’au bout des nécessités de l’autre ».

L’Eglise, a-t-il assuré, « est proche de vous et sera proche de vous avec sa prière et avec l’aide concrète de ses organisations ».

Benoît XVI a également fait mémoire du P. Ivan Martini, décédé sous l’écroulement de son église à Rovereto di Novi. Il a remercié en ce sens les prêtres, qui ont montré en ces temps difficiles leur « amour généreux pour le peuple de Dieu ».