Semaine mondiale de l'eau : un « évènement majeur »

Analyse du Conseil pontifical « Justice et Paix »

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Anne Kurian

ROME, jeudi 30 août 2012 (ZENIT.org) – Pour Tebaldo Vinciguerra, official au Conseil pontifical « Justice et Paix », la Semaine mondiale de l’eau est un "évènement majeur".

Alors que l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) donne le chiffre alarmant d’un milliard et demi de personnes vivant dans des régions en pénurie d’eau, a lieu la Semaine mondiale de l’eau, du 26 au 31 août 2012, en Suède. Elle est organisée par l’Institut international pour l’eau de Stockholm (Siwi), sur le thème « eau et sécurité alimentaire ».

Tebaldo Vinciguerra, official au Conseil pontifical « Justice et Paix », revient sur cet évènement, auquel participent plus de 2.000 personnes, dans l’édition italienne de L’Osservatore Romano du 31 août 2012.

Il souligne le contexte particulier de cet évènement, qui suit de quelques mois le forum mondial de l'eau, organisé à Marseille en mars 2012 (cf. Zenit du 13 mars 2012). Pour Tebaldo Vinciguerra, ce forum était un « pas en arrière », car la déclaration adoptée « n’a pas donné d’engagements concrets ».

La Semaine mondiale de l’eau succède également à la «Conférence de Rio+20», au Brésil (cf. Zenit du 15 juin 2012), qui elle aussi a laissé une impression quasi-unanime d’« insuffisance », poursuit l’official.

Il en résulte, souligne-t-il, que le monde, même s’il a « pleine conscience des défis concernant l’eau », souffre d’une « volonté politique insuffisante de la part des Etats ». En d’autres termes, le monde « énonce des principes » mais ne prend pas « d’engagements contraignants et bien définis ».

Ceux qui gouvernent préfèrent en effet « envoyer des aides » plutôt que de « se confronter à la racine des problèmes en modifiant des comportements non durables et irresponsables », déplore-t-il.

Pourtant, la Semaine mondiale de l’eau reste « particulièrement importante », estime-t-il. Bien qu’elle ne soit pas un « grand évènement politique » ou médiatique, elle est « devenue avec les années un évènement presque immanquable pour les experts de l’eau », constate Tebaldo Vinciguerra.

Un évènement d’autant plus « majeur » que, à Stockholm, contrairement aux autres rendez-vous, les questions ne sont pas « diluées dans une logique de compromis, emblématique de la diplomatie et de la négociation qui doivent s’adapter aux consignes des gouvernements ».

Et les thématiques abordées cette année sont majeures, ajoute Tebaldo Vinciguerra, évoquant des sujets « techniques », comme l'urbanisation et le changement climatique; des sujets « sociaux », comme l'éducation; enfin, des sujets « institutionnels », comme la formulation de futurs objectifs pour le développement.

C’est pourquoi, conclut-il, après les deux précédentes délusions de 2012, il faut souhaiter que les experts réunis à Stockholm, qui peuvent influencer les politiques, « soient en mesure de faire avancer au maximum et au mieux la question de l'eau », dans un monde « qui a besoin d’une bonne gouvernance sur l’eau ».