Séminaire à Rome sur la formation des prêtres de demain

Centre de formation sacerdotale de la Sainte-Croix

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ROME, mardi 14 février 2012 (ZENIT.org) –   La « qualité » des prêtres de demain dépendra beaucoup de la « qualité » des formateurs d’aujourd’hui, et le séminaire reste le lieu incontournable d’une formation sacerdotale adaptée aux défis actuels, estiment les participants de la deuxième semaine d’étude pour formateurs de séminaires, organisée à Rome, du 6 au 10 février, par le Centre de formation sacerdotale de l’Université pontificale de la Sainte-Croix.

Cette semaine a eu pour thème : « Le ministère de la direction [spirituelle] dans les séminaires ». Elle a réuni près de 70 formateurs de séminaires du monde entier, des personnalités de la curie, des évêques chargés des vocations et des professeurs universitaires ayant une expérience dans la formation sacerdotale.

Cetet session a eu lieu en même temps que le Symposium  des évêques et supérieurs religieux sur les abus sexuels organisé à l’Université Grégorienne, signe de la volonté de l’Eglise d’apporter une réponse en amont aux problèmes : la formation des candidats au sacerdoce, estiment les organisateurs.

Ils estiment que les discussions ont permis des échanges concrets et fructueux sur des sujets qui, face aux défis du monde contemporain, constituent de vrais enjeux : le discernement des vocations et le choix des candidats.

Le secrétaire de la congrégation pour le clergé, Mgr Celso Morga, est intervenu sur la question du « discernement d’aptitude aux ordres », expliquant à son auditoire qu’un frein aux défections enregistrées dans le sacerdoce peut sans aucun doute partir d’une meilleure réflexion sur la situation des candidats.

Il a recommandé de tenir compte de « la mobilité culturelle, des attentes sociales ou économiques, des conditionnements familiaux et des conflits qui peuvent provenir d’une pastorale idéologisée ».

Mgr Morga a insisté sur l’importance de « discerner de manière appropriée » chez le candidat tous ces « facteurs internes » qui seraient révélateurs d’une « personnalité rigide», d’un « état de santé physique ou psychique défaillant », d’un « leurre intellectuel ou amoureux », de « conversions drastiques », d’ « égocentrisme », d’une formation religieuse « fragmentée » d’un manque de « maîtrise de soi ».

Le responsable du Saint-Siège a dit constater aujourd’hui une « augmentation du nombre des prêtres » et une « attention privilégiée » à une « meilleure qualité » du recrutement. De fait, un tiers seulement des séminaristes arrive jusqu’à l’ordination.

Concernant les critères de discernement des candidats au sacerdoce, Mgr Agostino Superbo, archevêque de Potenza, en Italie, a mis en avant  l’importance d’une « disponibilité » à se donner totalement à l’Evangile, et des qualités humaines et intellectuelles pour un service désintéressé d’autrui et de la capacité d’être « acteurs » de leurs propre vie.

Ainsi, dans le processus de discernement, il est impératif, selon l’évêque italien, de tenir compte « des familles et des communautés chrétiennes du candidat » en entretenant avec elles un « dialogue régulier » ; de respecter « l’étape propédeutique » qui prépare au séminaire, et de prévoir, par prudence,  « une pause de formation »  qui aide à « surmonter les difficultés et faire mûrir ces critères ».

Portrait-robot du recteur et du formateur

Mais quelles caractéristiques un recteur de séminaire doit-il posséder pour répondre de manière appropriée à sa fonction ? Mgr Paolo Rabitti, archevêque de Ferrare-Comacchio, a évoqué sa propre expérience.

Le recteur doit être, selon lui, « un homme de Dieu, complet et bien préparé, doté d’un dévouement total, et d’un amour indiscutable au Christ et à l’Eglise, transparent, plus père que pédagogue, patient et bienveillant, juste d’esprit ».

Celui-ci doit aussi entretenir une « interaction complète » avec l’évêque, nourrir un amour « exigeant et paternel » envers les éducateurs, et être « actif » dans la formation permanente.

Quant au formateur, l’archevêque de Tacna et Moquegua au Pérou, Mgr Marco Antonio Cortez Lara, a souligné qu’il doit offrir l’image d’un homme qui a une « foi solide », doté d’une « forte identité sacerdotale », d’une « personnalité mûre », et mûr aussi dans sa « vocation », « ouvert aux contacts humains, cultivé, prudent et sage ».

Les formateurs doivent être des personnes « intègres », a poursuivi Mgr Cortez Lara, des personnes « crédibles » pour les jeunes,  et capables de les attirer « plus par le témoignage d’une vie joyeuse et authentique que par la discipline ou les enseignements théoriques ».

Ils doivent être en mesure de « travailler avec passion et vérité » dans les divers aspects de la pastorale, en contact avec les réels besoins des fidèles, et de transformer ainsi le séminaire en un lieu de rencontre pour « tout le presbyterium diocésain (jeune et âgé), ouvert à tous les charismes de l’Eglise ».

L’atmosphère du séminaire

Le séminaire « n’est pas un lieu de passage mais un temps pour se préparer au sacerdoce, capable de créer des liens faciles entre sa « vie commune » et la charité pastorale et la fraternité sacerdotale future », si bien que son règlement doit être  « immuable, accepté et partagé mais pas opprimant, car les valeurs d’éducation ne s’imposent pas mais convainquent », a recommandé pour sa part l’évêque auxiliaire de Milan, Mgr Mauro Delpini.

Beaucoup d’activités du séminaire et de ses formateurs dépendent aussi  du flux des contacts externes et des communications internes à tous les niveaux décisionnels, comme l’a expliqué le prof. José María La Porte, doyen de la faculté de communication institutionnelle, tout en signalant l’importance de créer la confiance et d’éviter le fonctionnalisme.

Pour lui, « la loyauté, l’efficacité et la joie » sont le résultat des capacités d’écoute, du travail en équipe, de la valeur donnée aux petites choses ordinaires  et d’une disposition à affronter les problèmes comme une opportunité et non comme une gêne.

La vérité dans les relations interpersonnelles est, en revanche, ce qui, dit-il,  « fera de chaque parole et fait un vecteur de fraternité dans une vie commune caractérisée par des actes de charité et non une simple école d’hypocrisie revêtue de diplomatie ».

Mais il faut aussi que les structures qui accueillent les séminaristes soient faites de manière à « favoriser l’exercice des vertus humaines qui sont propres au ministère sacerdotal », a expliqué ensuite le prof. Fernando Puig, en suscitant surtout « un détachement des biens temporels »,  et  la capacité « d’en prendre soin, de les valoriser et les mettre au service des autres ».

La perspective de la Curie romaine a en revanche été présentée par le cardinal Zénon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, à qui a été confié l’ouverture des travaux, et par le secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatifs, Mgr Juan Ignacio Arrieta, qui a parlé de l’autorité comme service ecclésial, détachant dans les qualités des pasteurs « la fidélité, la prudence et la bonté ».

Eduardo Torres

Traduction de l’italien par Isabelle Cousturié