Séminaire sur le système des cellules paroissiales d’évangélisation

« Lorsqu’un curé se mobilise vraiment, les paroissiens le suivent volontiers »

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ROME, Mercredi 10 Mars 2010 (ZENIT.org) - Du 26 au 30 mai prochain, la paroisse St Eustorgio de Milan, en Italie, accueillera prêtres et laïcs des divers continents pour un nouveau Séminaire international sur le système des cellules paroissiales d'évangélisation, introduites en Europe il y a 22 ans et en large expansion aujourd'hui dans le monde. 

L'engagement de l'organisme international de service du système des cellules paroissiales d'évangélisation dans la diffusion de cette méthode dans les pays plus lointains de l'Afrique à la Chine, constituera le cœur de ce séminaire de formation qui propose également un colloque international pour les prêtres, le 27 mai, sur le thème « Le prêtre dans la nouvelle évangélisation », et une formation spécifique pour les leaders de ces cellules, les 28 et 29 mai.

Ce séminaire s'adresse à toute personne souhaitant découvrir la méthode que don Pigi, curé de la paroisse de St Eustorgio, et président de l'organisme international de ces cellules, a mise sur pied en Europe, et dont il doit « assurer la pérennité », selon les termes du décret de reconnaissance qui lui a été officiellement remis par le Saint-Siège, en mai de l'année dernière.

Cette reconnaissance est la reconnaissance d'un service qui aide chaque curé à redonner une conscience missionnaire à ses paroissiens.

Don Pigi est convaincu que « lorsqu'un curé se mobilise vraiment, les paroissiens le suivent volontiers ». Dans un entretien à ZENIT, il rappelle les objectifs de ces cellules et montre combien cette méthode, adaptée à la vie paroissiale, ne cesse d'irriguer des paroisses sur les cinq continents, « preuve vivante de sa fécondité ».

ZENIT : Don Pigi, dites-nous précisément en quoi consistera votre prochain séminaire. Sur quels points souhaitez-vous insister plus particulièrement ?

Don Pigi : Lors du prochain séminaire nous aurons un thème général qui portera sur l'engagement de l'Organisme international de service du système de cellules paroissiales d'évangélisation, concernant la diffusion de notre méthode d'évangélisation dans les pays plus lointains de l'Afrique à la Chine.

Nous présenterons la méthode d'évangélisation de l'oikos qui est le trait distinctif de notre proposition en matière d'évangélisation : l'évangélisation de l'oikos consiste à évangéliser ceux que l'on rencontre habituellement dans la vie quotidienne, parents, amis, camarades de travail, de loisirs, voisins : ce sont eux les destinataires de l'annonce de l'amour de Dieu. Voilà pourquoi nous pouvons dire que tous sont appelés à annoncer Jésus, pas seulement les consacrés, les prêtres ou les missionnaires, mais tous, animés par la force de leur baptême, ont reçu ce Grand mandat de Jésus, d'annoncer l'amour de Dieu.

Mais il n'y a jamais d'évangélisation possible de l'oikos sans la prière, car l'évangélisation passe par l'action du Saint-Esprit. Nous ne sommes que de simples et pauvres instruments dans ses mains. L'évangélisation est avant tout un engagement de prière : c'est pourquoi dans notre communauté de S. Eustorgio, et je dirais dans la quasi totalité des communautés où ces cellules sont présentes, il y a l'adoration eucharistique.

Lors de ce séminaire, nous parlerons du rôle de l'Esprit Saint car, comme l'écrit le pape Paul VI dans son exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi au n° 75 « L'Esprit Saint est l'agent principal de l'évangélisation : c'est lui qui pousse chacun à annoncer l'Evangile et c'est lui qui dans le tréfonds des consciences fait accepter et comprendre la Parole du salut ». Il faut éduquer les fidèles laïcs et peut-être aussi tant de prêtres à avoir des liens familiers avec l'Esprit Saint, en s'ouvrant à son action à la fois discrète et puissante.

Les cellules d'évangélisation visent à revitaliser la paroisse qui découvrira alors sa vraie identité et favorisera la vocation missionnaire de tous les croyants comme nous le suggère Paul VI dans l'Evangelii Nuntiandi au n°. 14 « Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l'Eglise, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser », et Jean-Paul II dans Christifideles Laici au n° 33: « Les fidèles laïcs, précisément parce qu'ils sont membres de l'Eglise, ont la vocation et la mission d'annoncer l'Evangile : à cette activité ils sont habilités et engagés par les sacrements de l'initiation chrétienne et par les dons du Saint Esprit ».

Prenant conscience de cette charge, les laïcs seront le ferment qui transformera le visage de la paroisse. Mais tout ceci ne sera possible que si le curé, à son tour, s'ouvre définitivement et fermement à ce qui fait la singularité de son service sacerdotal, à ce qui donne une unité profonde aux mille occupations qui le sollicitent tout au long de sa vie, annoncer l'Evangile de Dieu et former des laïcs évangélisateurs.

C'est en se transformant en une paroisse vivante et évangélisatrice que la paroisse changera de visage.

ZENIT : Rappelez-nous à qui s'adresse avant tout ce Séminaire et quel est son fil conducteur par rapport à celui de l'année dernière.

Don Pigi : Le Séminaire s'adresse à tous les prêtres qui souhaitent transformer leur paroisse et ainsi découvrir de nouveaux chemins d'évangélisation pour le faire, tout en suivant les enseignements pontificaux (voir ci-dessus).

Ces prêtres accompagneront divers laïcs de leur communauté de manière à ce que ce petit noyau qui s'est formé puisse représenter une force entraînante à l'intérieur même de la paroisse.

Cette année, nous nous occuperons plus spécifiquement de la formation de ceux qui sont appelés à être les « leaders » de ces petits groupes que sont les cellules.

ZENIT : La méthode des cellules d'évangélisation a été reconnue officiellement par le Saint-Siège il y aura tout juste un an en mai. Est-ce que cette reconnaissance a eu un impact sur leur croissance cette année et sur la perception que certains avaient peut-être de cette méthode d'évangélisation ?

Don Pigi : Bien entendu, beaucoup de préjugés sont tombés, car cette reconnaissance officielle, que nous n'avions pas demandée, mais que nous a offerte le Conseil pontifical pour les laïcs, nous qualifie au plan des activités de l'Église universelle en tant que telle, garantissant l'orthodoxie de la méthode sur la base même des résultats spirituels et de diffusion atteints jusqu'ici.

Cette reconnaissance, qui exprime la volonté de l'Eglise de voir cette méthode se poursuivre, confirme par ailleurs la catholicité et la validité pastorale d'une proposition capable de renouveler en profondeur et dans une optique missionnaire, les communautés paroissiales.

ZENIT : De nouvelles paroisses ont-elles décidé, depuis, d'avoir recours à cette méthode ?

Don Pigi : Oui, tout à fait, et cela vient du fait que des centaines, voire des milliers, de paroisses au monde ont adopté avec succès cette méthode d'évangélisation au travers de ces cellules.

Dans le Décret de reconnaissance, il est écrit : « Ceci parce que la communauté paroissiale est le tissu ecclésial dans lequel s'intègre l'ensemble du système des cellules. Son développement dans de nombreux pays à travers le monde démontre la validité de cette méthode, qui contribue à répondre à l'appel du pape Jean-Paul à une « nouvelle évangélisation, nouvelle dans son ardeur, ses méthodes et ses expressions » (Discours à la XIXème assemblée du Conseil Episcopal Latino-Américain, 9 mars 1983, dans Enseignements, 1983, vol. VI, t. l, p. 698).

ZENIT : Cette année a-t-elle été marquée de moments forts dont vous aimeriez parler ? Quels échos avez-vous des cellules et de leur évolution à travers le monde ?

Don Pigi : Depuis la remise du Décret de Reconnaissance, obtenu le 29 mai 2009, de nouvelles initiatives ont vu le jour dans un grand nombre de pays à travers le monde. Beaucoup de communautés nous ont appelés pour que nous venions présenter cette méthode et beaucoup de prêtres et laïcs sont venus connaître notre réalité.

Nous avons vécu une expérience importante et significative avec des communautés chinoises qui, après avoir entendu parlé de cette méthode d'évangélisation au niveau paroissial, sont venus participer au Séminaire international de l'année dernière.

Nous avons également rendu visite à des communautés paroissiales du Brésil et du Venezuela, où l'expérience des cellules a produit des centaines d'autres cellules. Un autre moment significatif fut en Irlande, durant un séminaire auquel j'ai moi-même participé, à l'occasion des 20 ans de présence des cellules.

Au mois de janvier dernier, se sont réunis à St Eustorgio les promoteurs de zone, autrement dit ceux qui s'occupent des cellules présentes dans les différentes régions géographiques ou linguistiques du monde. Cette rencontre a été l'occasion de mettre en ligne le site international des cellules, qui représente un bon outil de communication. Son adresse sur le web est www.cells-evangelization.org.

La rencontre a également donné lieu à la formation d'une équipe internationale chargée de la formation des leaders et co-leaders, de même qu'elle nous a permis de savoir comment et avec quelle ampleur ces cellules se répandaient dans le monde entier : aujourd'hui même j'ai appris la naissance de 17 cellules dans une paroisse de Lettonie et j'ai su que de cette paroisse 30 personnes participeront au prochain séminaire du 26-30 mai prochain.

ZENIT : Dans quels pays cette autre manière de vivre en paroisse rencontre-elle le plus d'adeptes ?

Don Pigi : En France, Belgique, Irlande, Italie, au Brésil, au Venezuela etc., dans des pays d'Europe de l'Est. En un mot, là où la paroisse a tendance à s'endormir, les cellules peuvent représenter une occasion pour renouveler curé et fidèles laïcs.

A travers l'adoration perpétuelle, la sensibilisation du pasteur à cet effort d'évangélisation, l'exercice de l'évangélisation par des membres de la cellule et du leader, les cellules peuvent produire ce réveil souhaité qui amène la paroisse à ne plus se reconnaître dans ce géant endormi dont a parlé le cardinal Hume.

ZENIT : Les paroisses françaises sont-elles réceptives ?

Don Pigi : La France a répondu avec beaucoup d'enthousiasme à cette proposition de nouvelle Évangélisation que représentent les cellules, d'autant plus que les pourcentages de fréquentation des églises, qui n'atteignent pas 5%, étaient extrêmement inquiétants.

Cette contingence a ouvert le cœur de pasteurs et fidèles laïcs à la nécessité de mettre un frein à cette situation d'éloignement de la foi et dans beaucoup de cas, ce frein a vraiment bien fonctionné. De nombreuses paroisses, soutenues par les enseignements pontificaux, ont redécouvert l'envie de réagir à la réduction progressive des fidèles en s'engageant dans une évangélisation ferme, tirée du mandat même de Jésus à l'Eglise : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).

Les cellules pratiquent cette expérience d'évangélisation depuis plus de vingt ans.

ZENIT : Durant ce séminaire, une journée sera consacrée au « prêtre de la nouvelle évangélisation », j'imagine en rapport avec l'année sacerdotale proclamée par Benoît XVI. Dites-nous l'importance de cette journée ?

Don Pigi : Effectivement, lors de ce 21ème séminaire, qui aura lieu du 26 au 30 mai, la journée du 27 sera consacrée aux prêtres. Cette journée doit son importance au fait que la nouvelle évangélisation ne pourra avoir de succès que si, soutenue par l'Esprit Saint, elle voit les pasteurs s'engager en première ligne. C'est une nécessité qui concerne le monde entier.

Nous aurons l'occasion de rencontrer des prêtres de chaque continent et de tant de nations avec lesquels nous tâcherons de découvrir la vocation spécifique du prêtre à l'évangélisation, leur fournissant en même temps la possibilité d'exploiter une méthode qui, comme il est dit dans le Décret de reconnaissance du Conseil pontifical pour les laïcs, peut « offrir, avec l'aide de la Grâce divine, des occasions de conversion personnelle et communautaire, sachant qu'évangéliser est la vocation même de l'Eglise. Une conscience à transmettre aux fidèles laïcs qui, par leur appartenance à l'Eglise, enracinée dans le sacrement du baptême, ont pour vocation la mission d'annoncer l'Évangile, et sont alors appelés à renouveler leur adhésion à la paroisse pour qu'elle devienne une communauté de foi ardente et tournée à l'évangélisation des plus éloignés ».

ZENIT : Don Pigi, voilà un an que le Conseil pontifical vous a demandé d'assurer la pérennité de cette méthode d'évangélisation. Quel est votre sentiment personnel aujourd'hui face à cette grande mission dans un monde comme celui dans lequel nous vivons aujourd'hui ?

Don Pigi : Je suis affolé, car on me confie une mission certainement supérieure à mes capacités. Mais je me fie complètement à l'Esprit Saint qui, déjà, dès les débuts de ma présence à St. Eustorgio, à travers le Proverbe 16,3, m'a suggéré: « Recommande au Seigneur tes œuvres, Et tes projets réussiront ». Ici il ne s'agit pas d'un projet à moi, mais d'une charge à assumer, avec l'aide de la grâce divine, cette même tâche que chaque baptisé doit sentir comme étant sienne et que Jésus, alors qu'il s'apprête à quitter la scène du monde, confie à l'Eglise depuis lors.

Cette découverte a changé radicalement ma vie. J'ai laissé tomber plusieurs activités et hobbies qui, au-delà de leur légitimité indiscutable, pouvaient dresser un obstacle à mon engagement comme curé et évangélisateur.

Quand, en 1986, j'ai découvert en Amérique, à la paroisse de Saint-Boniface à Penbroke Pines, conduite par le P. Michael Eivers, une nouvelle paroisse, brûlante d'amour pour Jésus et capable d'une évangélisation correspondant à sa nature même (« L'Eglise existe pour évangéliser » Evangelii Nuntiandi au n° 14) j'ai vécu en moi une conversion initiale qui, peu à peu, est devenue l'élément moteur, la raison même de mon sacerdoce, au point de penser toute l'activité de la paroisse en termes d'évangélisation. Mais plus je pensais à la possibilité d'une reconnaissance pontificale de cette réalité, plus je me sentais pressé de m'engager, de lutter et de dépenser mon énergie au profit de cette nouvelle évangélisation, malgré les nombreuses difficultés.

Cette situation que je vivais, soutenue par la force de l'Esprit Saint et par l'adoration Eucharistique perpétuelle, a contaminé les laïcs de ma communauté devant lesquels se sont ouverts de nouveaux horizons d'engagement pour la promotion du Royaume du Christ parmi les personnes de leur propre voisinage.

Aujourd'hui, cet engagement que l'Eglise m'a confié, je le confie à mon tour et, avec grande conviction, à l'action discrète de l'Esprit Saint ( E.N. n° 75) qui, certainement, saura conduire cette expérience vers le résultat d'une nouvelle évangélisation.

Propos recueillis par Isabelle Cousturié

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