Sénégal : Le développement africain passe-t-il par l’Asie ?

Le plus gros investissement effectué dans le pays

| 1157 clics

ROME, Mardi 13 mai 2008 (ZENIT.org) - Les liens économiques se renforcent entre le Sénégal et l'Inde grâce à un accord entre le gouvernement sénégalais et la multinationale indienne de l'acier « Arcelor Mittal », annonce l'agence vaticane FIDES qui pose la question: « Le développement africain passe-t-il par l'Asie ? »

La société indienne prévoit d'investir mille milliards de Francs CFA au Sénégal. Ce serait le plus gros investissement effectué dans le pays, selon le Ministre des Mines Ousmane Ngom. L'investissement concerne le complexe minier de Falémé, dont la capacité productive est d'environ 800 millions de tonnes de fer de bonne qualité.

Le montant couvre les coûts de la mine, de la voie ferrée, du port minier et d'un établissement sidérurgique, destiné à utiliser le minéral de fer extrait localement. La construction de la fonderie a été l'une des conditions mises par le gouvernement local qui désire faire en sorte que les ressources naturelles nationales ne soient pas complètement exportées mais soient transformées sur place, contribuant à la diversification de l'économie locale. Les ouvrages en acier produits par le nouveau complexe sidérurgique seront utilisés par l'industrie édilitaire du Sénégal et des états voisins.

D'ici 2011, quand le complexe sera pleinement opérationnel, 10.000 à 20.000 postes de travail seront créés. La société s'est en outre engagée à investir 3,5 milliards de Francs CFA dans des œuvres sociales et à pourvoir à qualifier la force de travail.

Arcelor Mittal, née de la fusion entre l'anglo-indien Mittal et la française Arcelor, est le premier producteur mondial d'acier et est l'une des principales firmes de renommée mondiale de propriété indienne.

Le Sénégal regarde l'Inde aussi pour faire face à la grave crise alimentaire causée par l'augmentation du prix du riz sur les marchés internationaux (cf Fides 17/4/2008). Les deux pays sont en effet arrivés à un accord sur la base duquel l'Inde s'engage à fournir au Sénégal 600.000 tonnes de riz dans les 6 prochaines années. Un accord significatif si l'on pense que New Delhi en avril a suspendu l'exportation de riz pour pourvoir aux nécessités de sa population.

Pour faire face à la pénurie alimentaire, qui a déjà provoqué quelques émeutes, le Président sénégalais Abdoulaye Wade a lancé la « Grande offensive agricole pour l'alimentation et l'abondance » (Goana), un plan qui à travers la récupération des terrains inutilisés et sous-utilisés, vise à produire d'ici l'hiver prochain 2 millions de tonnes de maïs, 3 millions de tonnes de manioc, 500.000 tonnes de riz et 2 millions de tonnes d'autres céréales.

Pour favoriser le plan, qui prévoit de permettre au Sénégal l'autosuffisance alimentaire d'ici 6 ans, le gouvernement de Dakar étudie une proposition présentée par une société chinoise pour la culture du Sénégal de sésame (destiné aussi à être exporté en Chine). De même un fond d'investissement des Emirats Arabes Unis a présenté un projet pour mettre en valeur 100.000 hectares de terrain, dans le pays africain.