Séparés, ils se retrouvent sur le chemin de la foi

Alfonso et Betti racontent leur mariage brisé et reconstruit

Rome, (Zenit.org) | 775 clics

Au cours de la veillée de Pentecôte, le 18 mai, place Saint-Pierre, avant la rencontre du pape François avec les mouvements, les nouvelles communautés, les associations et les agrégations laïques en pèlerinage au Tombeau de l’apôtre Pierre, divers témoignages ont marqué l’assemblée.

Nous rapportons celui d'Alfonso et Betti Riccucci, vivant aujourd'hui de la spiritualité du Renouveau charismatique.

Betti - Alfonso et moi nous sommes connus en 1983 et au bout de trois ans de fiançailles avons décidé de nous marier. Notre seule raison : nous étions amoureux. Les noces furent célébrées à l’église, exclusivement pour la « location », et ni l’un ni l’autre n’avait dans la tête l’idée d’inviter Jésus et sa Mère.

Le cours de préparation au mariage lui-même n’arriva pas à nous enlever cette conviction que le choix de se marier à l’église n’avait rien à voir avec la foi.

Très vite nous avons été comblé par la naissance de deux merveilleux enfants, un garçon et une fille. Mais on sentait en même temps arriver les premiers symptômes de quelque chose qui nous mettait vraiment mal à l’aise, auquel nous ne savions pas donner un nom.

C’était des trous dans l’âme que seul l’amour de Dieu peut remplir mais que chacun de nous tente de combler par autre chose: la carrière, le sport, les soirées entre amis, un soin excessif du corps pour combattre les signes du temps.

Je me convainquais que la seule solution à notre mal était de faire des enfants, mais à trente ans le verdict fut implacable : je ne pouvais plus avoir d’enfants. La crise alors s’accentua et en janvier 2009 mon mari quitta le foyer, après que je lui ai dit cette phrase horrible: « Je ne t’aime plus ».

Durant ces mois de séparation nous vivions dans des villes différentes et nous nous faisions beaucoup de mal par le « gestes et la parole » : aucun de nous n’arrivait à pardonner l’autre tout l’amour qu’il n’avait pas reçu en 23 ans.

Alfonso - Je me souviens de la déception et de la souffrance à cette époque, du désir que ma vie finisse au plus vite. J’avais perdu tout ce que j’avais de plus cher et je ne nourrissait aucune espérance de trouver la paix.

J’ai eu alors la grâce de rencontrer des amis qui avaient décidé de remettre leurs vies entre les mains de Jésus. Ils m’accompagnèrent à la rencontre avec ce Dieu que je croyais si loin, et qui commençait au contraire à se faire si proche.

J’appris à pardonner et à prier pour la famille que j’avais perdue. Je confiai à la Vierge Betti et les enfants et trouvai la paix dans mon amitié avec Jésus. Je découvris, malgré ma souffrance, la force et la beauté de la vie.

Betti - En octobre de cette année-là, 9 mois plus tard, on s’est retrouvé au tribunal pour le jugement définitif. Mon mari se heurta à son avocat pour déclarer qu’il ne voulait rien pour lui, qu’il aurait versé tous les mois ce que j’aurais demandé, s’offrant même de m’aider en cas de besoin.

Je pensai que cela était un piège pour me reconquérir. Sortis du tribunal, il me salua et s’en alla sans rien demander en échange.

« Alors c’est de l’amour », pensai-je, « car l’amour est comme cela, il est gratuit ».

Je l’arrêtai et l’invitai à boire un café pour connaître cet homme que j’avais l’impression de voir pour la première fois. Je compris qu’il était amoureux de Jésus et que Jésus lui avait redonné la vie.

J’étais sans parole. Entre temps j’avais moi aussi entrepris un chemin de foi. Après avoir parlé et découvert en chacun de nous de nouvelles personnes nous décidâmes de recourir aux soins d’une personne sage du mouvement auquel nous appartenons aujourd’hui. Cette personne nous aida à voir plus clair en nous et nous rappela que le mariage n’est pas seulement une promesse que les époux font devant Dieu, mais Dieu lui-même qui promet d’accorder sa grâce d’aimer comme Lui.

Nous sommes repartis chez nous ensemble et le soir même, notre mariage recommença à vivre: aujourd’hui nous n’avons cesse de remercier Jésus. Celui auquel nous devons toute notre gratitude, notre amour, notre vie.

Le 14 septembre 2011, jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, nous avons fêté nos 25 ans de mariage par une cérémonie liturgique où nos invités d’honneur étaient Jésus et Marie. 

Traduction d'Océane Le Gall