Servir le bien commun, vocation du politique

Entretien avec le Messaggero (3)

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 900 clics

La « vocation de tout politique » est de « toujours protéger le bien commun » : « un concept ample qui inclut la protection de la vie humaine, de sa dignité », souligne le pape François dans un entretien publié sur le quotidien romain “Il Messaggero”, le 30 juin 2014.

« Paul VI avait l’habitude de dire que la mission de la politique demeurait une des formes les plus élevées de la charité », rappelle le pape qui salue l’encyclique Evangelii Nuntiandi comme « un document pastoral jamais inégalé ». Il cite également pour la deuxième fois la lettre pastorale « Réhabiliter la politique » publiée par les évêques français il y a quinze ans.

A la lumière de ces documents, il souligne que la « vocation de tout politique » est de « toujours protéger le bien commun » : « un concept ample qui inclut, par exemple, la protection de la vie humaine, de sa dignité », précise-t-il.

Le pape encourage les politiques à « travailler davantage pour le bien commun de l’enfant » et à « miser sur la famille » à une époque de « déficience du service social dans la société » et de baisse de la natalité : « On dirait que l’Europe est fatiguée de faire la maman et qu’elle préfère faire la grand-mère. Cela dépend beaucoup de la crise économique et pas seulement d’une dérive culturelle marquée par l’égoïsme et l’hédonisme. »

La politique est appelée à « répondre de manière nette », par exemple, « avec les services sociaux qui suivent les familles, les accompagnent pour les faire sortir de situations lourdes ».

Le pape pointe du doigt le problème « mondial » de la politique actuelle, « ruinée par la corruption, par le phénomène des pots-de-vin » : « Je ne dis pas que tout le monde est corrompu mais je pense qu’il est difficile de rester honnête en politique… les personnes qui voudraient faire les choses de manière claire se trouvent ensuite en difficulté comme si elles étaient phagocytées par un phénomène endémique, à plusieurs niveaux, transversal. »

Ce problème, précise-t-il, n’est pas dû à « la nature de la politique », mais à « un changement d’époque, de culture », qui « pousse plus fort vers une certaine dérive morale » car « beaucoup de maux ont tendance à augmenter pendant les changements historiques ».

L’Église aussi a un rôle à jouer car « la pauvreté est au centre de l’Évangile » : « La bannière des pauvres est chrétienne. Prenons Matthieu 25, le protocole sur lequel nous serons jugés : j’ai eu faim, j’ai eu soif, j’ai été en prison, j’étais malade, nu. Ou encore regardons les Béatitudes, une autre bannière. »

Aussi l’Eglise est appelée à « sortir dans les rues, aller chercher les gens, rentrer dans les maisons, rendre visite aux familles, aller dans les périphéries. Ne pas être une Église qui reçoit seulement mais qui offre ». Au final, elle doit « insister ».

Avec une traduction de Constance Roques