« Sex Crimes and the Vatican », entre la calomnie et la mystification

Deux documents du Vatican utilisés pour attaquer le pape

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ROME, Vendredi 25 mai 2007 (ZENIT.org) – Le documentaire de la BBC intitulé « Sex Crimes and the Vatican », au centre d’un débat particulièrement animé en Italie, est le fruit de mystifications visant à accuser Benoît XVI d’avoir couvert des abus sexuels sur des mineurs de la part de prêtres catholiques.



C’est ce qu’avaient déclaré, déjà en 2006, les évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles après la présentation par la télévision britannique, le 1er octobre 2006, d’un documentaire de 39 minutes sur quelques cas de pédophilie.

Les animateurs de l’émission affirmaient avoir dévoilé des documents du Vatican visant à éviter la dénonciation d’abus sur des mineurs, et avaient accusé le pape Benoît XVI d’avoir protégé les prêtres contre les enquêtes alors qu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
En réalité, les journalistes de la BBC ne révèlent rien car les deux documents en question avaient déjà été rendus publics. En particulier, le document de 1962 « Crimen sollicitationis » émis par la Congrégation du Saint-Office – qui devint ensuite la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – avait déjà été publié y compris par des organes de la presse en 2003, et ne traite pas la question des abus sexuels de manière spécifique.

Par ailleurs, comme l’ont déjà expliqué dans le passé des représentants du Saint-Siège et en particulier le secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l’époque, le cardinal Tarcisio Bertone, cette réglementation était déjà désuète du fait de la publication de documents successifs.

L’autre document au coeur du documentaire de la BBC, la lettre « Ad exequendam », envoyée en 2001 par le cardinal Ratzinger aux évêques de toute l’Eglise catholique et aux autres ordinaires et supérieurs hiérarchiques de l'Eglise catholique intéressés par les délits les plus graves réservés à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (cf. www.vatican.va), est quant à elle, loin d’enterrer les cas d’abus sexuels de la part de prêtres ou de religieux sur des mineurs.

Cette lettre « forme le vœu que non seulement les délits les plus graves soient entièrement évités, mais surtout que, pour la sainteté des clercs et des fidèles, à obtenir également à travers des sanctions nécessaires, il y ait un soin pastoral attentif de la part des évêques et des supérieurs hiérarchiques ».

En octobre 2006, le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, archevêque de Westminster et président de la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, avait envoyé une lettre à Mark Thompson, directeur général de la BBC « pour exprimer l’immense déception et l’inquiétude de la communauté catholique » du fait de la diffusion de cette émission.

« Personne ne peut nier les effets dévastateurs des abus d’enfants dans notre société et le mal qui est infligé aux victimes et à leurs familles. Ceci est particulièrement honteux lorsque ces abus sont commis par un prêtre et il est évidemment légitime de diffuser les éléments déchirants relatifs à ce mal », avait reconnu le cardinal.

« Toujours est-il que votre émission cherche à nuire gravement au pape Benoît XVI, guide d’un milliard de catholiques à travers le monde. Il me semble plutôt clair que le principal objectif de l’émission est de chercher à créer un lien entre le pape Benoît XVI et le fait de couvrir des abus sur enfants dans l’Eglise catholique. C’est un acte malveillant ne correspondant pas à la vérité, et qui est basé sur une présentation erronée des documents de l’Eglise ».

« Je ne comprends pas pourquoi personne de votre société n’a fait la moindre tentative de contacter l’Eglise catholique de ce pays pour demander de l’aide dans la recherche d’informations exactes sur cette question », avait dénoncé le cardinal.

« Je dois me demander si au sein de la BBC il n’existe pas des préjugés persistants à l’égard de l’Eglise catholique, avait-il conclu. De nombreuses personnes, pas seulement catholiques, se demanderont si la BBC veut encore être réellement objective dans certaines de ses présentations ».
Mgr Vincent Nichols, archevêque de Birmingham et président du Bureau catholique pour la protection des enfants et des adultes vulnérables (COPCA en anglais) avait quant à lui publié au début d’octobre 2006, un communiqué dans lequel il affirmait que « en tant que sujet distributeur de service public, la BBC devrait avoir honte du niveau de journalisme mis en œuvre pour lancer cette attaque injustifiée contre le pape Benoît XVI ».

« Les spectateurs reconnaîtront parfaitement la recherche de sensationnalisme et les intentions de l’émission d’égarer ses téléspectateurs, qui utilise de vieilles séquences filmées et des entretiens non datés », avait-il affirmé.

L’archevêque a expliqué que la BBC utilise deux documents « de manière plutôt trompeuse, pour établir un lien entre les horreurs des abus d’enfants et la personne du pape ».

« Le premier document, émis en 1962, n’est pas directement lié aux abus sexuels sur les enfants mais au mauvais usage du confessionnal, avait-il expliqué. Ceci a toujours été un crime très sérieux dans le droit ecclésiastique. L’émission confond le mauvais usage du confessionnal et les tentatives immorales d’un prêtre de faire taire sa victime ».

« Le deuxième document, de 2001, explique le droit ecclésiastique, en assurant que le Vatican est informé de chaque cas d’abus d’enfants et que chaque cas est affronté de manière appropriée », avait-il souligné.

« Ce document ne fait pas obstacle aux enquêtes des autorités civiles lors des dénonciations d’abus sur enfants, et ne constitue pas une méthode de couverture, contrairement à ce que répète l’émission à plusieurs reprises. C’est une preuve du sérieux avec lequel le Vatican affronte ces crimes », a-t-il observé.

« A partir de 2001, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a accompli de nombreux pas en avant dans l’application du droit ecclésiastique dans le cas de dénonciations et de crimes d’abus sur enfants, de manière minutieuse et scrupuleuse », avait ajouté l’archevêque.