Sexualité : nier sa dimension morale, c’est nier la liberté de la personne

Intervention du Saint-Siège à l’ONU

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ROME, Jeudi 24 mars 2011 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège a rappelé la valeur de la sexualité humaine qui s'exprime dans le mariage durable entre un homme et une femme, estimant que nier la « dimension morale de la sexualité » revenait à « nier la liberté de la personne dans ce domaine ».

C'est ce qu'a affirmé Mgr Silvano Maria Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau de l'ONU à Genève. Dans une intervention prononcée le 22 mars dernier, il est aussi revenu sur « la différence cruciale » entre la sensibilité sexuelle et le comportement sexuel. Il a également estimé que les attaques contre des personnes « qui ne soutiennent pas des comportements sexuels entre personnes du même sexe » étaient des « violations des droits humains fondamentaux ».

Dans son intervention en anglais, Mgr Tomasi a tout d'abord souhaité condamner « toute violence contre des personnes à cause de leur sensibilité sexuelle et de leurs idées, ou de leur comportement sexuel ».

S'exprimant ensuite sur le débat sur « l'orientation sexuelle », il a évoqué la « confusion inutile » concernant ce terme utilisé dans certaines résolutions ou textes à l'ONU. « La confusion est inutile parce que, dans la loi internationale, un terme doit être interprété conformément à sa signification ordinaire, à moins que le document n'en ait donné une signification différente », a-t-il expliqué. « La signification ordinaire de ‘l'orientation sexuelle' se réfère à la sensibilité sexuelle et aux idées et non pas au comportement sexuel ».

Mgr Tomasi s'est aussi arrêté sur la « différence cruciale » entre sensibilité et idées sexuelles, et comportement sexuel. « Un Etat ne devrait jamais punir une personne ou la priver de la jouissance des droits de l'homme, en se basant uniquement sur sa sensibilité et ses idées, y compris sa sensibilité et ses idées sexuelles. Mais un Etat peut et doit régler des comportements, y compris différents comportements sexuels ».

Ainsi, « à travers le monde, il y a un consensus entre les sociétés affirmant que certains comportements sexuels doivent être interdits par la loi. La pédophilie et l'inceste en sont deux exemples ».

Avec force, l'observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU a rappelé combien « la sexualité humaine est un cadeau qui s'exprime de façon authentique dans une dévotion complète et de toute une vie entre un homme et une femme dans le mariage ».

« La sexualité humaine, comme toute activité volontaire, possède une dimension morale : c'est une activité qui place la volonté individuelle au service d'une finalité ; ce n'est pas une ‘identité' », a-t-il expliqué. « En d'autres termes, elle vient de l'action et non de l'être, même si certaines tendances ou ‘orientations sexuelles' peuvent être profondément enracinées dans la personnalité. Nier la dimension morale de la sexualité conduit à nier la liberté de la personne dans ce domaine, et mine en définitive sa dignité ontologique ».

Mgr Tomasi a enfin porté son attention sur une « tendance inquiétante » : celle visant des personnes qui ont pris « des positions qui ne soutiennent pas des comportements sexuels entre personnes du même sexe ». « Quand elles expriment leurs convictions morales ou leurs convictions concernant la nature humaine, qui peuvent aussi parfois être l'expression de convictions religieuses, ou des opinions sur des affirmations scientifiques, elles sont stigmatisés et pire - elles sont diabolisées et poursuivies », a-t-il déploré. « La vérité est que ces attaques sont des violations des droits humains fondamentaux et ne peuvent être justifiées en aucune circonstance », a-t-il conclu.

Marine Soreau