Shoah : cinq nouveaux « Justes parmi les Nations » en Pologne

Deux religieuses et trois prêtres honorés à Varsovie

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 386 clics

Deux religieuses et trois prêtres catholiques polonais ont reçu le titre de « Justes parmi les Nations » à titre posthume, à Varsovie, le 11 juin, pour avoir sauvé des juifs au péril de leur vie pendant la Shoah.

Les deux religieuses, Adela (sœur Serafia) Rosolinska et Kornelia  (soeur Kornelia) Jankowska, géraient, pendant l’occupation nazie, l’orphelinat des Sœurs du Saint-Nom-de-Jésus à Suchedniow. 

Elles y ont accueilli une petite fille juive âgée de trois ans, Joan Kirsten, lui donnant le nom de Joanna Przygoda, pour ne pas éveiller les soupçons, la sauvant ainsi de la persécution nazie.

La fille de la rescapée, Karen Kirsten, née en Australie, est venue de New York, où elle réside, avec sa famille; pour participer à la cérémonie à Varsovie.

Avant de partir, elle a écrit sur son blog : « Si ces âmes courageuses n’avaient pas été là, si elles n’avaient pas eu le courage de résister, je ne serais pas là en train d’écrire sur ce site. »

Pour sauver la petite Joan, née dans le ghetto de Varsovie, et sortie clandestinement, il a même fallu tout un réseau de complicité dans le bien, et parmi les maillons, un officier nazi SS…

Le père Jan Raczkowski (1914-1990) était vicaire à la paroisse Saint-Vincent-de-Paul à Otwock (Varsovie). Il a sauvé les membres de cinq familles et il a mis en place pour cela un réseau réunissant des religieuses, des prêtres et des familles d’Otwock.

Les pères Mikolaj Ferenc (1896- assassiné en 1944) et Antoni Kania (1901-1965) ont caché et sauvé Ewa Turzynska-Trauenstein et son fils Léon dans les églises de Markowa et Nowa Huta.En signe de reconnaissance et d’affection, la famille Turzynski évoque les deux prêtres en disant « nos prêtres ».

Berta Turzynka, l’épouse de Léon, a pour cela demandé au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem, de décerner aux PP. Ferenc et Kania le titre de « Justes parmi les Nations » : « Mon mari, ma belle-sœur et moi avons survécu grâce à l’aide de braves personnes. Après la mort de mon époux en 2011, j’ai décidé de rechercher les familles de ceux qui nous avaient aidés pour les remercier. Et c’est pour ça que j’ai demandé à ce que « nos prêtres » soient reconnus parmi les Justes. »

« Je veux souligner, ajoute Berta, que mon mari s’est toujours entendu avec l’Eglise catholique. Après avoir été sauvé par des prêtres, il a dirigé les travaux de construction de la Domus Galilaeae en Israël, où verra le jour un séminaire pour futurs prêtres. »

Selon Yad Vashem, plus de 1 000 prêtres et religieuses polonais ont assisté et sauvé des juifs en Pologne durant l’horreur nazie. Au 1er janvier 2014, Yad Vashem avait récompensé 6,454 “Justes parmi les Nations” en Pologne, dont 704 qui y ont laissé la vie. On estime en effet que des milliers de Polonais sont morts pour sauver les juifs de l’extermination nazie.

Avec Pawel Rytel-Andrianik et Océane Le Gall