Shoah: « Nous ne pouvons ni ne devons oublier », déclare le P. Lombardi

La « Journée de la mémoire »

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ROME, vendredi 27 janvier 2012 (ZENIT.org) – « Nous ne pouvons ni ne devons oublier », déclare le P. Federico Lombardi, sj, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, à l’occasion de la « Journée de la mémoire » des six millions de juifs victimes de la Shoah, célébrée dans le monde depuis 2005, ce 27 janvier.

Il y a en effet 67 ans, le 27 janvier 1945, le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau où on estime qu’ont péri un million de juifs d’Europe, était « libéré » par l'Armée Rouge.

Un avertissement pour toujours

Ce lieu est « symboliquement le lieu le plus terrible de l’immense tragédie de l’holocauste », rappelle le P. Lombardi dans l’émission du Centre de télévision du Vatican intitulé « Octava Dies ».

« Nous ne pouvons ni ne devons oublier, déclare le P. Lombardi. S’il y a eu des hommes capables d’arriver à une si absurde atrocité, personne ne nous donne la certitude qu’à l’avenir nous ne pourrons pas y arriver à nouveau. Et la mémoire douloureuse devient un avertissement pour aujourd’hui et pour toute époque ».

Le P. Lombardi met en garde devant le danger du négationnisme. « Attention ! 67 ans ne sont pas peu. La génération des témoins, de qui a vécu les temps et les horreurs de l’Holocauste s’amenuise rapidement. Il faut partager les préoccupations de qui commence à craindre le risque de l’oubli, pire encore celui du négationnisme, alimenté non seulement par l’ignorance mais – et c’est terrible – parfois aussi par la haine pour des motifs politiques, ethniques ou religieux. Au contraire, la mémoire de l’Holocauste est un lieu de confrontation cruciale dans l’histoire de l’humanité, pour comprendre ce qui est en jeu lorsque l’on parle de la dignité, à laquelle on ne peut renoncer, de toute personne humaine, de l’universalité des droits humains et de l’engagement pour leur défense ».

La question de Dieu

« Pour les croyants, ajoute le P. Lombardi, c’est aussi un « lieu théologique » inévitable. C’est le lieu de la question la plus radicale sur Dieu et sur le mal. C’est le lieu du sérieux ultime de notre présence face à Dieu, des questions profondes que nous lui adressons, du silence face au mystère ».

« Pour le chrétien, a fait observer le P. Lombardi, c’est le lieu du regard sur la croix, dans l’espérance que l’angoisse produise la vie ».

Le porte-parole du Saint-Siège s’engage à cette mémoire : « Le pape polonais et le pape allemand ont fait mémoire, à Auschwitz et à Yad Vashem. Nous aussi, nous continuerons à le faire ne ce jour, par solidarité avant tout avec le peuple d’Israël et avec toutes les victimes de la haine homicide absurde, qui niait leur dignité, indépendamment de leur peuple ou de leur langue ».


Anita Bourdin