Si l'Eglise ne surprend pas, sa place est en service de réanimation

Regina Coeli de la Pentecôte

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 972 clics

L’Église est appelée à « surprendre » et à « semer la pagaille » : sinon, sa place est « en service de réanimation », estime le pape François lors du Regina Coeli de ce 8 juin 2014, dimanche de Pentecôte, place Saint-Pierre.

L'événement de la Pentecôte, a-t-il souligné, « marque la naissance de l’Église et sa manifestation publique » qui s'exprime en deux aspects : « une Église qui surprend et qui sème la pagaille ».

« Dieu est le Dieu des surprises », a ajouté le pape : « L’Église suscite la stupeur car elle annonce un message nouveau – la Résurrection du Christ – avec un langage nouveau – le langage de l'amour. »

Comme les disciples qui quelques minutes auparavant étaient « lâches », et qui témoignent soudain « avec courage », ainsi l’Église est appelée à « surprendre, en annonçant à tous que Jésus a vaincu la mort, que les bras de Dieu sont toujours ouverts, que sa patience attend toujours l'homme pour le guérir et lui pardonner ».

Le pape a insisté : « Si l’Église est vivante, elle doit toujours surprendre. Une Église qui n'a pas la capacité de surprendre est une Église faible, malade, mourante et elle doit être hospitalisée en service de réanimation au plus vite ! »

L’Église ne doit pas non plus avoir peur de « semer la pagaille » ou « déranger » : « Certains à Jérusalem auraient préféré que les disciples, bloqués par la peur, restent enfermés chez eux pour ne pas semer le trouble. Aujourd'hui aussi beaucoup veulent cela des chrétiens. »

Mais « le Seigneur les pousse dans le monde » : « L’Église de Pentecôte ne se résout pas à être inoffensive, trop "distillée". Elle ne veut pas être un élément décoratif. C'est une Église qui n'hésite pas à sortir, à la rencontre des gens, pour annoncer le message qui lui a été confié, même si ce message dérange ou perturbe les consciences, même si ce message apporte peut-être des problèmes et même parfois s'il conduit au martyre. »

A l'image des colonnades de Saint-Pierre, l'Église doit « embrasser le monde mais sans l'enfermer ; elle le laisse libre : deux bras qui s'ouvrent pour accueillir, mais ne se referment pas pour retenir. Les chrétiens sont libres et l’Église les veut libres ! ».

Le pape François avait déjà exhorté les jeunes du monde entier à « mettre la pagaille » pour amener l’Église à sortir de ses diocèses, lors des Journées mondiales de la jeunesse de Rio 2013 (cf. Zenit du 25 juillet 2013).