Si Noël est vrai, ça change tout, affirme Benoît XVI

Messe de minuit en la basilique Saint-Pierre, au Vatican

| 3178 clics

ROME, Vendredi 25 décembre 2009 (ZENIT.org) - Si Jésus est vraiment né il y a deux mille ans, ça change tout, et cette nouvelle concerne chacun de nous, a déclaré Benoît XVI lors de la messe de minuit, au Vatican, pour souligner l'importance décisive de Noël dans la vie de toute personne.

Dans son homélie, le pape a exhorté les fidèles à donner la première place à Dieu, en rappelant que trouver Dieu est parfois au-dessus de nos forces, mais Dieu vient lui-même à notre rencontre.

La célébration, perturbée au début de la procession d'entrée par une femme qui a franchi la barrière de protection et provoqué la chute du pape, de laquelle Benoît XVI s'est relevé rapidement, s'est poursuivie normalement.

L'annonce de la naissance de Jésus à Bethléem « est une nouvelle qui ne peut nous laisser indifférents... Si elle est vraie, elle me concerne moi aussi », a affirmé le pape.

Dieu doit être la priorité

« La majorité des hommes ne considère pas comme prioritaires les affaires de Dieu, celles-ci ne nous pressent pas immédiatement. Et nous aussi, pour l'immense majorité, nous sommes disposés à les renvoyer à plus tard », a souligné Benoît XVI.

« Dans la liste des priorités, Dieu se retrouve souvent presqu'à la dernière place. Il sera toujours temps - pense-t-on - de s'en préoccuper », a-t-il poursuivi.

Mais « si quelque chose dans notre vie mérite urgence », a insisté le pape, c'est « seulement la cause de Dieu ». « Dieu est important, il est dans l'absolu la réalité la plus importante de notre vie. C'est précisément cette priorité que nous enseignent les bergers. Nous voulons apprendre d'eux à ne pas nous laisser écraser par toutes les choses urgentes de la vie quotidienne », a expliqué le pape.

« Nous voulons apprendre d'eux la liberté intérieure de mettre au second plan les autres occupations - pour importantes qu'elles soient - pour nous approcher de Dieu, pour le laisser entrer dans notre vie et dans notre temps, a-t-il poursuivi. Le temps consacré à Dieu et, à partir de Lui, à notre prochain n'est jamais du temps perdu. C'est le temps dans lequel nous vivons vraiment, dans lequel nous vivons en tant que personnes humaines ».

Dieu vient à notre rencontre

« La majeure partie de nous, hommes modernes, vit loin de Jésus Christ », a déploré Benoît XVI. « Nous vivons dans les réflexions, dans les affaires et dans les occupations qui nous absorbent entièrement et depuis lesquelles le chemin vers la crèche est très long. De multiples manières, Dieu doit sans cesse nous pousser et nous aider, afin que nous puissions sortir de l'enchevêtrement de nos pensées et de nos engagements et trouver le chemin qui va vers Lui ».

« Mais pour tous, il y a un chemin, a-t-il insisté. Pour tous, le Seigneur dispose des signes adaptés à chacun. Il nous appelle tous ».

« Le chemin dépasse nos forces, a reconnu le pape. Mais Dieu est descendu. Il vient à notre rencontre. Il a parcouru la plus grande partie du chemin. Maintenant, il nous demande : Venez et voyez combien je vous aime. Venez et voyez que je suis ici ».

Le pape a alors expliquer comment nous pouvons reconnaître Dieu.

« L'ange avait dit aux bergers : 'Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire' », a-t-il rappelé.

« Le signe de Dieu, le signe qui est donné aux bergers et à nous, n'est pas un miracle bouleversant. Le signe de Dieu est son humilité. Le signe de Dieu est qu'Il se fait petit ; devient enfant ; se laisse toucher et sollicite notre amour », a expliqué Benoît XVI.

« Comme nous désirerions, nous les hommes, un signe différent, un signe imposant, irréfutable du pouvoir de Dieu et de sa grandeur. Mais son signe nous invite à la foi et à l'amour, et en conséquence, nous donne l'espérance : ainsi est Dieu. Il possède le pouvoir et Il est la Bonté. Il nous invite à devenir semblables à Lui. Oui, nous devenons semblables à Dieu, si nous nous laissons façonner par ce signe ; si nous apprenons, nous-mêmes, l'humilité et ainsi la vraie grandeur ; si nous renonçons à la violence et ne recourrons qu'aux seules armes de la vérité et de l'amour », a-t-il ajouté.