« Si tu veux la paix, soutiens la famille » : message de Benoît XVI

Journée mondiale pour la paix 2008

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ROME, Mardi 11 décembre 2007 (ZENIT.org) - « Si tu veux la paix, soutiens la famille » : ce pourrait être le titre de la première partie du message de Benoît XVI pour la Journée mondiale pour la paix 2008, qui a pour thème : « Famille humaine, communauté de paix ».

Le message a été présenté ce matin au Vatican par le président du Conseil pontifical justice et paix, le cardinal Renato Raffaele Martino et par le secrétaire de ce même dicastère, Mgr Giampaolo Crepaldi.

D'aucuns se souviendront que la vieille syntaxe latine disait : « Si tu veux la paix, prépare la guerre - Si vis pacem, para bellum », mais évangélisée par Benoît XVI, elle pourrait plutôt inculquer aux enfants la grammaire du IIIe millénaire qui enseignerait en somme que la famille « est la principale ‘agence' de paix ».

Et, a contrario, Benoît XVI souligne que, pour cette raison, « la violence, si elle est perpétrée en famille », est perçue « comme particulièrement intolérable ».

Mais plutôt que de « grammaire », Benoît XVI préfère parler de « lexique » en disant : « Le lexique familial est un lexique de paix ; c'est là qu'il est nécessaire de toujours puiser pour ne pas perdre l'usage du vocabulaire de la paix ».

Ou plutôt, lorsqu'il parle de « grammaire », ce sont des gestes et non des paroles : « Dans l'inflation des langages, la société ne peut pas perdre la référence à cette ‘grammaire' que tout enfant apprend des gestes et des regards de sa mère et de son père, avant même que de l'apprendre de leurs paroles ».

Le pape voit d'ailleurs une « responsabilité particulière » des moyens de communication dans la promotion du « respect de la famille », et « pour illustrer ses attentes et ses droits, pour mettre en évidence sa beauté ».

Benoît XVI a donc cette démarche originale de partir de la famille naturelle et de ses besoins fondamentaux, dont la satisfaction est nécessaire pour garantir la paix en son sein, pour appliquer ensuite son observation aux besoins de ce qu'il appelle avec le concile Vatican II « la famille humaine », besoins dont la satisfaction est nécessaire à la paix mondiale.

Pour le pape, la famille est ainsi « la première et irremplaçable éducatrice à la paix », et le « prototype de tout ordre social ».

« La première forme de communion entre des personnes est, explique le pape, celle que l'amour suscite entre un homme et une femme décidés à s'unir de façon stable pour construire ensemble une nouvelle famille. Mais les peuples de la terre sont aussi appelés à instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l'unique famille humaine ».

Citant Jean-Paul II (Christifideles laici, n. 40), Benoît XVI affirme que « la famille naturelle  constitue « le lieu premier d'« humanisation » de la personne et de la société », le « berceau de la vie et de l'amour » ; aussi, est-ce avec raison que la famille est qualifiée de première société naturelle ».

Le « Compendium de la doctrine sociale de l'Église » (n. 211), y voit, rappelle le pape, « une institution divine qui constitue le fondement de la vie des personnes, comme le prototype de tout ordre social ».

Le pape décrit ce qu'il appelle « une saine vie familiale » où l'on fait «  l'expérience de certaines composantes fondamentales de la paix : la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner ».

Le pape donne une deuxième raison de voir dans la famille le « fondement de la société » : elle permet en effet « de faire des expériences déterminantes de paix ».

C'est pourquoi, affirme le pape, avec une de ces formules bien frappées dont le message est riche : « La communauté humaine ne peut se passer du service que la famille remplit ».

Le pape en vient ensuite aux « droits spécifiques » de la famille, se référant à la Déclaration universelle des droits de l'homme, proclamée solennellement à Paris il y a bientôt 60 ans, le 10 décembre 1948, et qui affirme: « la famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État ».

Le pape souligne en outre que, par la « Charte des droits de la famille », publiée il y a 25 ans, le Saint-Siège a voulu « reconnaître une dignité juridique spéciale à la famille ».

Pour Benoît XVI, ce qui affaiblit la famille menace la paix, et inversement, tout ce qui aide la famille consolide la paix, sociale, nationale, internationale. « La négation ou même la restriction des droits de la famille, obscurcissant la vérité sur l'homme, menacent les fondements de la paix eux-mêmes », déclare le pape.

« Celui qui, même inconsciemment, entrave l'institution familiale rend fragile la paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu'il affaiblit ce qui, de fait, est la principale ‘agence' de paix », dit encore Benoît XVI.

Il explicite encore sa pensée : « Tout ce qui contribue à affaiblir la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, ce qui directement ou indirectement freine sa disponibilité à accueillir de manière responsable une nouvelle vie, ce qui entrave son droit à être la première responsable de l'éducation des enfants, constitue un obstacle objectif sur le chemin de la paix ».

Mais quels sont les besoins spécifiques de la famille ? Le pape répond : « La famille a besoin de logement, de travail et d'une juste reconnaissance de l'activité domestique des parents, de l'école pour les enfants, de l'assistance médicale de base pour tous. Quand la société et la politique ne s'engagent pas à aider la famille dans ces domaines, elles se privent d'une ressource essentielle au service de la paix ».

Anita S. Bourdin