Situation apocalyptique à Damas, témoigne Mgr Samir Nassar

Larchevêque maronite raconte le « calvaire » des populations syriennes

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Traduction d'Océane Le Gall

ROME, lundi 23 juillet 2012 (ZENIT.org) – Pour l’archevêque maronite de Damas, en Syrie, Mgr Samir Nassar, « à Damas c’est l’apocalypse »  et il espère « de tout cœur, de toute son âme et de toutes ses forces » que la résurrection arrivera bientôt », lit-on dans le message dramatique publié par l’agence vaticane Fides, le 20 juillet (cf. http://www.fides.org).

« La destruction est énorme » raconte l’archevêque, qui parle d’un « véritable calvaire » vécu par la population de la capitale, où depuis mardi dernier, les combats à  armes lourdes, chars et hélicoptères, font rage.

« Les affrontements se déroulent dans les rues et passent d'un quartier à l'autre. Impossible de dormir avec la peur et au son des bombes et des tirs de canons. Les températures dépassent les 40° C et les coupures de courant sont fréquentes. », poursuit Mgr Nassar en décrivant une situation humanitaire de plus en plus précaire et insoutenable.

« Nous sommes à court de pain, de légumes, de vivres, de gaz domestique et de fuel pour les boulangeries », affirme-t-il. Et la population « est terrorisée, ne sait plus où aller se réfugier » .

Le chef de la communauté maronite se dit très préoccupé par les conditions de l’exode que provoquent ces violences : « Les routes de Jordanie, d'Irak et du nord vers Homs-Alep sont fermée », écrit Mgr Nassar, et  «  l'exode vers le Liban, sous la forme d’une colonne interminable, se fait dans une panique générale ».

Alors que Damas avait été jusque-là épargnée par la violence qui lacérait les autres villes de Syrie,  « à notre tour de souffrir et de mourir », poursuit-il.

Mgr Nassar précise à ce propos qu’eux-mêmes « ont aménagé un coin sous l'escalier pour s’abriter avec les voisins des obus » et que les caveaux de la Paroisse viennent d'être nettoyés.

« Le peu de fidèles qui ont osé venir chercher du courage à la Messe ont brûlé beaucoup de cierges devant la tombe des Bienheureux Martyrs de Damas. Ils ont échangé des adieux et des larmes avant de rentrer en courant chez eux au son des tirs et des explosions », témoigne-t-il.