Solesmes : « Moines et moniales, le monde a besoin de vous »

Homélie du cardinal Tauran, envoyé du pape pour le millénaire de l’abbaye

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ROME, Mercredi 20 octobre (ZENIT.org) - Aujourd'hui encore plus qu'hier, le monde a besoin d'hommes et de femmes qui s'engagent dans « l'aventure » de la vie monastique, a estimé le cardinal Jean-Louis Tauran, envoyé spécial de Benoît XVI pour la célébration du millénaire de la dédicace de l'église Saint-Pierre de Solesmes.

Dans l'homélie de la messe qu'il a célébrée le 12 octobre dernier, le cardinal Tauran a évoqué les monastères comme un « lieu de force spirituelle » où les moines cherchent Dieu pour mieux « Le donner aux autres ».

« Moines et moniales, encore plus qu'hier, le monde a besoin de vous », a affirmé le cardinal Tauran. « Vous êtes ces poumons verts qui empêchent de suffoquer. En préférant Dieu à toute chose, vous indiquez au monde d'aujourd'hui le sens de toute construction humaine : il existe une raison ultime de vivre et cette raison s'appelle Dieu qui est amour », a-t-il ajouté.

Dans son homélie, le cardinal a souhaité remercier les moines pour leur « ministère de la louange et de l'intercession » : « si l'ambition du moine est de chercher Dieu, ce n'est évidemment pas pour sa propre satisfaction ; c'est pour Le donner aux autres », à ceux « qui doutent, qui tremblent, qui tombent ».

Prier pour les vocations monastiques

« En regardant autour de nous, nous constatons souvent que ce qui rend nos contemporains si déçus et parfois si violents, c'est la conscience d'un monde et d'une vie insignifiants », a ajouté le cardinal français. « Il y a une crise du sens ».

« En recherchant toujours plus d'argent et de confort nous nous privons de la joie du partage ; en acceptant tous les compromis, pourvu que nos ambitions et notre soif de pouvoir soient satisfaites, nous empêchons les autres de grandir et introduisons un déséquilibre dans la société ; en flattant les instincts les plus bas, on rend les hommes repliés sur eux-mêmes, incapables de connaître la joie du frère dont le bonheur se nourrit du bonheur de ses frères ».

Il est essentiel, a-t-il insisté, « qu'à côté des usines et des ordinateurs, ne manquent jamais les clochers des églises et l'enceinte des monastères, sinon notre vie serait une mésaventure ». « Nous serions condamnés à vivre dans un univers dont les dimensions et les ambitions seraient celles de l'homme, ni plus ni moins ».

« Prions pour que de nombreuses vocations permettent à la grande tradition bénédictine de continuer sa mission : maintenir vivante dans le monde l'attente du retour du Christ », a ajouté le haut prélat. « Continuez à nous aider à apprécier la vie intérieure, le silence, l'écoute et l'accueil ».