SOS Prière pour les responsables politiques

Intentions de prière de Benoît XVI pour septembre 2012

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P. Frédéric Fornos

ROME, vendredi 31 août 2012 (ZENIT.org) – « Les responsables politiques sont ce que nous en faisons. Plutôt que de nourrir leur discrédit, par nos paroles et pensées, aidons-les à être les hommes et femmes que nous désirons », fait observer le P. Frédéric Fornos, s.j., Coordinateur de l’Apostolat de la prière pour l’Europe, dans ce commentaire de l’intention de prière « universelle » de Benoît XVI pour le mois de septembre 2012.

Chaque mois en effet, le pape Benoît XVI confie aux croyants deux intentions de prière, deux défis qu’il discerne pour le monde et la mission de l’Eglise.

L’intention de prière universelle de Benoît XVI pour le mois de septembre concerne « les personnes engagées en politique », afin que « les responsables politiques agissent toujours avec honnêteté, intégrité et amour de la vérité ».

Son intention de prière missionnaire porte sur « l'aide aux Eglises des pays pauvres » : « Pour que les communautés chrétiennes se rendent disponibles à l'envoi de missionnaires, prêtres, laïcs, et augmentent leur soutien concret en faveur des Eglises les plus pauvres. »

SOS Prière pour les responsables politiques

Peut-on être responsable politique et honnête ? Beaucoup pensent aujourd'hui que ce n'est pas évident et que c'est même impossible. La conquête du pouvoir serait devenue plus importante que l'engagement au service d'une société à construire. Mais est-ce si vrai ? Les responsables politiques sont ce que nous en faisons. Plutôt que de nourrir leur discrédit, par nos paroles et pensées, aidons-les à être les hommes et femmes que nous désirons.

Prier pour les responsables politiques, allons-nous y consacrer de notre précieux temps ? Oui, ils ont besoin de notre prière. Car quel courage il leur faut pour être là où ils sont et pour chercher à y vivre de manière intègre ! Ils s'engagent totalement : leur temps, leur vie familiale, leur capacités, leur force physique, leur réputation. Nous pensons si facilement : « c'est l'appât du gain, du pouvoir, l'argent, leur ego ». Et parfois c'est vrai. Mais ils sont nombreux ceux qui sont vraiment au service du bien commun. Et nous ? Que faisons-nous ? Que ferions-nous à leur place ? Qui de nous a fait le choix de s'engager personnellement pour entrer dans l'arène ?

Nous sommes nombreux à nous consacrer à des actions humanitaires, à des associations, etc. Par contre, dans la gestion même de la vie de la cité, nous ne voudrions pas nous « salir les mains ». Car s'engager c'est aussi « avaler parfois des couleuvres », comment faire autrement ? Le monde est aujourd'hui si complexe. Les choix appellent parfois à des évaluations pas toujours convergentes, il en est ainsi des arbitrages et des compromis qui peuvent donner prise à la recherche de reconnaissance, de pouvoir, et à bien d'autres intérêts. Ceci est présent dans toute institution importante. Lorsque nous participons « à la vie, aux combats, et aux épreuves de son Corps actuel et mystique qu'est l'Eglise », nous en faisons l'expérience nous aussi, malgré notre grand désir de fidélité au Christ. Comme dit Mgr Claude Dagens « souffrir pour l'Eglise et par l'Eglise fait partie de notre initiation apostolique ».

Prier pour les responsables politiques ? Ils ont besoin que nous priions pour eux, mais c'est nous aussi, nous surtout, qui sommes appelés à nous convertir dans cette prière. Nous n'avons souvent même pas l'idée qu'ils pourraient être honnêtes, intègres et aimer la vérité. Nous ne les soutenons pas, nous les combattons. Quand nous sommes militants, nous soutenons l'un d'entre eux, nous démolissons l'autre. Lorsqu'il advient que notre héros perde l'élection, nous fustigeons son adversaire, sans plus de procès. Prier pour eux c'est entrer dans la bienveillance et la confiance. C'est reconnaître ce que l'autre fait de bien, de bon, même en étant d'une autre tendance politique. N'oublions pas que les hommes politiques sont aussi dans le fond ce que nous faisons d'eux. Ils parlent des sujets qui nous préoccupent. Ils prennent les comportements et les langages qui nous rassurent.

Oui, prions pour eux, comme nous le propose Luc dans le témoignage de ce mois, car cette prière peut transformer notre cœur, notre regard, et nous faire sortir d'une approche simplement critique. Nous aurons alors les politiques au cœur intègre dont nous rêvons.

Benoît XVI nous dit : « la politique est un art complexe d'équilibre entre des idéaux et des intérêts, mais sans jamais oublier que la contribution des chrétiens est décisive uniquement si l'intelligence de la foi devient intelligence de la réalité, clé de jugement et de transformation. Une véritable ‘révolution de l'amour' est nécessaire ».

Prions, comme le pape nous y invite, pour que l'engagement des hommes et des femmes en politique soit fondé « non sur des idéologies ou des intérêts de parti, mais sur le choix de servir l'homme et le bien commun, à la lumière de l'Evangile » (Benoît XVI).

L’Apostolat de la prière est le service officiel des intentions de prière du pape :
www.apostolat-priere.org