Soudan du Sud : « Nous refusons la guerre comme option »

Message conjoint des archevêques catholique et anglican

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Anita Bourdin

ROME, mardi 10 juillet 2012 (ZENIT.org) – « Les relations entre les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud se sont détériorées à un niveau inacceptable », protestent esnsemble Mgr Paulino Lukudu Loro, archevêque catholique de Juba, et Daniel Deng Bul, archevêque épiscopalien de Juba et primat de l'Eglise épiscopalienne du Soudan, à l'occasion du premier anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud, le 9 juillet, rapporte l’agence vaticane Fides.

« Nous refusons la guerre comme option pour résoudre les disputes, ajoutent les archevêques, et nous faisons appel à toutes les parties en cause afin qu'elles respectent le cessez-le-feu et retirent leurs forces de la région frontalière », toujours dans la traduction de Fides.

Ils regrettent que des citoyens originaires du nouvel Etat aient été expulsés par Khartoum, et dénoncent  les attaques qui ont pris pour cible des édifices chrétiens au Soudan.

Ils déplorent la « détérioration » des relations entre le Soudan et le Soudan du Sud, les conflits interethniques au Soudan du Sud et des trois guerres civiles encore en cours au Darfour, dans le Sud Kordofan et dans le Nil Bleu.


La situation d'Abyei, région riche en pétrole et disputée entre les deux Etats, n’est pas non plus résolue, en dépit d’un accord : « Le protocole d'Abyei existant dans le cadre de l'Accord de paix global (CPA) de 2005 qui a permis l'organisation du référendum de janvier 2011 ayant sanctionné l'indépendance du Soudan du Sud, offre les moyens permettant de résoudre le problème d'Abyei au travers d'un référendum ».

Ils font observer que même l’économie des deux Etats souffre des tensions qui ont bloqué les exportations de pétrole sud-soudanais qui passent par le territoire du Soudan : « Le pétrole est une ressource donnée par Dieu qui doit bénéficier aux deux pays ».

« Nous demandons, ajoutent-ils, un accord basé sur des normes internationales en vue du transport du pétrole brut et de la reconnaissance des dommages causés par la situation d'impasse actuelle aux populations des deux Etats. Les prix sont en hausse et on note des carences de biens essentiels, y compris le carburant, carences qui rendent difficile la vie des citoyens ordinaires ».


Pour ce qui est du Soudan du Sud, Fides souligne que les deux responsables religieux déplorent la corruption, les tensions ethniques et les tensions avec des Etats voisins.