Soudan du sud : un besoin urgent "de solidarité et d'amour"

Appel de Mgr Taban

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 449 clics

La population du Soudan du sud est « dans la misère » et a « un besoin urgent de solidarité et d’amour », déclare Mgr Taban.

Contraint à se réfugier dans un séminaire catholique de Juba, Mgr Roko Taban, administrateur apostolique de Malakal au Soudan du sud, s’inquiète auprès de L’Aide à l’Église en détresse anglophone (ACN) des conséquences des violents combats entre l’armée du président Salva Kiir et la coalition rebelle.

Le diocèse de Malakal comprend des territoires des trois États les plus affectés par les violences : le Haut-Nil, l'Unité et Jonglei.

« Nous sommes dans la misère »

« Nous avons tout perdu. Nos maisons et nos églises ont été détruites et saccagées […] La population a besoin de riz, de maïs, de haricots, d’huile. Nous sommes au bord de la famine et c’est ce qui va arriver si l’on n’envoie pas immédiatement des convois de denrées alimentaires », rapporte l’évêque.

Mgr Taban alerte aussi sur les problèmes sanitaires : le manque d’eau potable ayant poussé des soudanais à boire de l’eau du Nil blanc, la population est « de plus en plus atteinte de diarrhée et de malaria, mais malheureusement personne n’a accès aux traitements médicaux parce que tous les hôpitaux et pharmacies ont été détruits ou saccagés au cours des attaques ».

Il lance une invitation à la prière : « Nous avons un besoin urgent de solidarité et d’amour. Nous sommes dans la misère. Je vous en prie, souvenez-vous de nous dans vos prières ».

Une dévastation inégalée

L’ACN rappelle que les combats ont commencé le 15 décembre 2013 et, d’après les données des Nations-Unies, ils auraient déjà causé des milliers de morts et contraint au moins 900.000 personnes à abandonner leurs habitations.

Malgré le cessez-le-feu du 25 janvier dernier entre gouvernement et rebelles, les violences se poursuivent. Le conflit, né pour des motifs politiques, assume de plus en plus une connotation ethnique.

Pour Mgr Taban, la « dévastation » actuelle a atteint des proportions inégalées, pire encore que pendant la seconde guerre civile soudanaise, qui a duré de 1983 à 2005. Tous les prêtres diocésains et les religieuses ont été contraints de fuir à Juba : « Mes prêtres ont dû laisser toutes leurs affaires et maintenant ils n’ont même plus de missels ni d’ornements liturgiques », déplore-t-il.

À Addis Abeba, la troisième phase des négociations pour la paix entre le gouvernement et les rebelles a commencée hier, 20 mars 2014.

Avec Hélène Ginabat pour la traduction