"Soyez les avant-postes de l'attention à toutes les misères"

Le pape exhorte les consacrés

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 693 clics

« Soyez encore aujourd'hui, pour l’Église et pour le monde, les avant-postes de l’attention à tous les pauvres et à toutes les misères, matérielles, morales et spirituelles » : c'est l'exhortation du pape François aux personnes consacrées. 

Le pape a fait parvenir un message aux participants au symposium international qui a eu lieu les 8 et 9 mars 2014, à l'Université pontificale Antonianum, sur le thème : « La gestion des biens ecclésiastiques des Instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique au service de l’humain et de la mission dans l’Église ».

Dans sa lettre, adressée au cardinal João Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, le pape diagnostique dans le monde actuel « une économie de l’exclusion et de l’iniquité », où « tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible ».

Il appelle les chrétiens à se sentir « interpellés » face « à la précarité dans laquelle vivent la plupart des hommes et des femmes de notre temps », mais aussi face « aux fragilités spirituelles et morales de tant de personnes, en particulier les jeunes ».

Il exhorte spécialement les religieux et religieuses : « Soyez encore aujourd'hui, pour l’Église et pour le monde, les avant-postes de l’attention à tous les pauvres et à toutes les misères, matérielles, morales et spirituelles, comme dépassement de tout égoïsme, dans la logique de l’Évangile qui enseigne à faire confiance à la Providence de Dieu. »

Les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique doivent en effet « vivre et témoigner que le principe de gratuité et la logique du don trouvent leur place dans l’activité économique », souligne le pape en rappelant que le charisme de base des Instituts « est inscrit en plein dans cette logique » de don.

Pour le pape, le premier critère d'évaluation de la gestion des Instituts est donc « la fidélité à ce charisme ». Il recommande d'administrer les biens « avec sagesse et transparence », de donner à la dimension spirituelle la priorité sur la dimension économique et le rendement, de ne pas « tolérer le gaspillage » et d'être attentif « à la bonne utilisation des ressources ».

Si les instituts « ont toujours été des voix prophétiques et des témoins vivants » de « la conformité à Celui qui s'est fait pauvre », leur « pauvreté amoureuse » n'est pas « théorique » mais elle s'apprend « en touchant la chair du Christ pauvre, dans les humbles, dans les pauvres, dans les malades, dans les enfants », poursuit le pape.

Cette pauvreté est « solidarité, partage et charité » et elle s'exprime « dans la sobriété, dans la recherche de la justice et dans la joie de l'essentiel ». En outre, elle défend « contre les idoles matérielles qui obscurcissent le sens authentique de la vie », ajoute-t-il.

Le pape cite Paul VI qui appelait à un nouveau style de vie ecclésiale : « Dans une période comme la nôtre, marquée toute entière par la conquête, la possession, la puissance des biens économiques, se manifeste dans l'opinion publique, à l'intérieur et à l'extérieur de l’Église, le désir, presque le besoin, de voir la pauvreté de l’Évangile et de la déceler en particulier là où l’Évangile est prêché et représenté. » (audience générale du 24 juin 1970).