Sri Lanka : Le card. Ranjith défend les Missionnaires de la Charité

Les soeurs de Mère Teresa victimes de fausses accusations

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ROME, Vendredi 9 décembre 2011 (ZENIT.org). – Le cardinal Ranjith, demande aux médias nationaux de retirer “au plus vite” les “accusations infondées” lancées contre les Missionnaires de la charité et le foyer « Prem Nivasa » de Morutwa.

Cette déclaration intervient après que des sœurs de Mère Teresa, qui dirigent ce centre d’accueil pour enfant et jeunes mères célibataires, ont été accusées de « vendre des enfants », selon une dénonciation anonyme (cf. Zenit du 30 novembre 2011).

L’archevêque de Colombo, Malcolm Ranjith a en effet tenu une conférence de presse lundi 5 décembre. Radio Vatican s’en fait l’écho.

Le cardinal a prévenu qu’il ne participera à aucun évènement officiel prévu pour Noël tant que la vérité ne sera pas proclamée.

“Les missionnaires de Prem Nivasa, a déclaré le cardinal, n’ont jamais vendu d’enfant, ni donné d’enfant pour adoption par des couples étrangers ou sri-lankais sans suivre les procédures prévues par la loi et par le Bureau des enquêtes”, affirme-t-il.

Le Bureau des enquêtes dépend du ministère des Affaires sociales du Sri Lanka. Il travaille en lien étroit avec les sœurs du Foyer : “Les fonctionnaires de ce bureau, a expliqué le cardinal, visitent régulièrement Prem Nivasa pour aider les religieuses dans leurs services auprès des orphelins et des jeunes filles en difficulté. »

Le directeur du Bureau des enquêtes a confirmé lui aussi, lors d’une interview, que « le travail des missionnaires de Prem Nivasa est en règle ».

Le cardinal Ranjith a également déploré plusieurs articles de médias locaux, qui ont entaché l’image des sœurs de Mère Teresa : « Quelques journaux parlent d’enfants vendus pour 700 mille roupies (environ 4.500 euro), d’autres de 35 mille roupies (environ 230 euro): ce ne sont que des mensonges. »

Ainsi, le quotidien sri-lankais Lankadeepa a titré : « Il est discutable de voir que seuls les enfants handicapés partent à l’étranger ». « Un titre, selon le cardinal, qui induit en erreur, parce qu’il sous-entend que les enfants handicapés vont à l’étranger pour d’autres desseins, comme le trafic illégal d’organes. » Cela laisse « de la place pour les méprises », fait remarquer le cardinal, « et dans le cas présent il s’agit d’accusations très graves et dangereuses ».

L'archevêque a demandé aux catholiques du pays de prier pour “tous ceux qui ont fait erreur” et pour “la bonne mission des sœurs de Mère Teresa au Sri Lanka”.

Le cardinal Ranjith s’est exprimé sur cette polémique après un temps de silence, qu’il a tenu à expliquer : “Au début, j’avais décidé de ne pas m’engager dans toutes les déclarations émises à ce sujet. » « Mais les critiques reçues de quelques media étrangers, a-t-il ajouté, m’ont poussé à parler et à clarifier la position de l’Eglise du Sri Lanka”.

C’est sur l’ordre de la National Child Protection Authority (NCPA), un organisme travaillant directement sous l’autorité du président, que la supérieure du Foyer, sœur Mary Eliza a été arrêtée dans la nuit du 25 novembre à Prem Nivasa, et incarcérée dans la prison pour femmes de Welikada. Elle a été relâchée sous caution le 28.

La maison de Prem Nivasa est une référence pour les associations qui oeuvrent dans le domaine de l’adoption d’enfants au Sri Lanka, indique « Eglises d’Asie ». Mais avec l’arrestation de Sr Eliza, toutes les adoptions en cours ont été gelées et le centre a été placé sous surveillance judiciaire.

Bien qu’aucun élément confirmant les allégations de trafic d’enfant n’ait été trouvé par les services de police, le NCPA persiste cependant à accuser les religieuses d’être en infraction avec la loi. « Prem Nivasa est enregistré en tant que centre d’accueil pour enfant (…), et non comme un lieu d’hébergement pour filles-mères », indique une responsable, citée par la même source.

Anne Kurian