Suisse/Homosexuels: Les évêques "réprouvent des actes" sans "rejeter" les personnes

Bénédiction de couples homosexuels? Les évêques prennent position

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CITE DU VATICAN, Jeudi 3 octobre 2002 (ZENIT.org) - Les évêques catholiques de Suisse réaffirment que s'ils "réprouvent" les actes homosexuels, ils ne "rejettent" pas les personnes, et déplorent les injustices subies. En même temps, ils réaffirment la nécessité de protéger "le caractère unique du mariage entre homme et femme".



La Conférence des évêques suisses (CES), dans un document rendu publique ce jeudi à Berne expose sa position quant à la « bénédiction par l’Eglise de couples homosexuels et [à] l’engagement par l’Eglise de personnes vivant en partenariat homosexuel », indique un communiqué de la CES, ce 3 octobre, à Fribourg.

Les évêques tiennent dans ce document à réaffirmer leur opposition à toute discrimination des personnes homosexuelles, tout en rappelant les valeurs fondamentales auxquelles croit l’Eglise dans ce domaine. Une position exigeante, mais profondément humaine.

Dans un premier chapitre, explique le communiqué, les évêques suisses regrettent les injustices faites dans le passé à l’encontre des personnes homosexuelles et demandent pardon si de telles discriminations ont été commises au nom de l’Eglise ou de la foi chrétienne.

La deuxième partie propose une vision biblique et théologique de cette question. Elle remet la condamnation biblique des actes homosexuels dans le contexte de l’époque, tout en expliquant qu’elle demeure fondamentalement actuelle, car elle vise à protéger l’harmonie de la vie familiale et sociale.

La sexualité humaine est essentiellement orientée vers la procréation, même si cela n’est pas exclusif (la sexualité contribue aussi à l’approfondissement d’une relation personnelle et fidèle); or cette dimension importante manque à une relation homosexuelle, qui ne peut donc être mise au même niveau qu’une relation hétérosexuelle.

Aujourd’hui, cette position de l’Eglise peut paraître dure, incompréhensible aux yeux de beaucoup. C’est pourquoi les évêques, tout en réprouvant les actes homosexuels, redisent avec force qu’ils ne refusent pas les personnes homosexuelles, « des personnes de valeur, souvent mises à l’écart ». Et de relever qu’il existe « des chemins de continence qui ne diminuent pas l’être humain, mais au contraire l’enrichissent ».

Concernant les unions homosexuelles, la CES rappelle dans le 3e chapitre qu’elle a dit à plusieurs reprises ne pas être opposée à un partenariat enregistré - pour autant qu’il ne ressemble pas à un mariage -, un partenariat qui permettrait de supprimer toute discrimination dans les domaines successoral et autres.

Mais le caractère unique du mariage entre homme et femme doit être protégé de façon inconditionnelle. La société ne peut y toucher sans se mettre elle-même en danger. De même, le sacrement du mariage doit être protégé dans son sens originel comme un bien de haute valeur.

Pour les évêques, une union homosexuelle ne peut être bénie, car un tel rite pourrait ressembler au mariage sacramentel et prêter à confusion, mais chaque personne, quelle que soit sa tendance sexuelle, peut être bénie de Dieu, explique la même source.

Dans le dernier chapitre, les évêques abordent la question de l’engagement par l’Eglise de personnes vivant en partenariat homosexuel. Ils soulignent que l’Eglise est particulièrement exigeante dans ce domaine, non par discrimination, mais parce que chaque service ecclésial est un don gratuit de Dieu, auquel personne n’a le droit de prétendre. Et d’affirmer qu’une prédisposition homosexuelle vécue dans la continence n’exclut pas du ministère ecclésial et peut même annoncer un charisme particulier, tout comme le célibat librement choisi. Il s’agit toutefois de bien discerner, pour chaque cas, les dangers et tentations qui pourraient subvenir dans le ministère ecclésial.

En revanche, décider explicitement de ne pas vivre la continence sexuelle rend inapte à un ministère d’Eglise, par le contre-exemple donné à la communauté chrétienne. Ceci n’enlève rien, poursuivent les évêques, à l’estime qu’ils portent à ces personnes en tant que personnes. Et de conclure qu’ils s’efforceront d’offrir encore davantage l’aide pastorale nécessaire aux personnes homosexuelles, toujours selon le communiqué.