Suisse : non au durcissement du droit d'asile

Déclaration des Eglises chrétiennes

Rome, (Zenit.org) | 461 clics

Les Eglises chrétiennes expriment leur opposition au durcissement de la loi sur l’asile et appellent au contraire à « garantir des procédures d’asile équitables aux êtres humains en fuite » car « l’octroi de l’asile est un acte d’humanité et de solidarité ».

C’est ce que déclare un communiqué conjoint de la Commission « Justice et Paix » de la Conférence des évêques suisses, de la Fédération des Églises protestantes de Suisse, de l’Église catholique-chrétienne de la Suisse, et de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse, ce 2 mai 2013.

Non au durcissement

« Les Églises de Suisse rejettent les durcissements prévus par les modifications urgentes de la loi sur l’asile », prévues en votation fédérale du 9 juin 2013.

« Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’asile en 1981, 10 révisions ont été entreprises pour la durcir », rappelle le texte, qui fait observer que « ces durcissements n’ont rien pu changer au fait que des êtres humains doivent fuir leur pays sous la contrainte et demander l’asile en Suisse aussi ».

A cause des durcissements, dénoncent les Eglises, « le destin individuel des requérants d’asile est à peine pris en compte », et « tous les requérants d’asile se retrouvent soupçonnés d’être des délinquants cherchant uniquement à exploiter notre État social ».

Evoquant le nouveau projet de loi, les Eglises chrétiennes s’opposent à « la suppression de la possibilité de déposer une demande d’asile dans une ambassade suisse à l’étranger » : « les conséquences de cette suppression sont dramatiques. Femmes, enfants, personnes âgées et malades sont particulièrement touchés. Davantage de réfugiés seront poussés à recourir à des bandes de passeurs. Pour les persécutés pauvres, cette ultime possibilité de fuite est impossible ».

En outre, les Églises critiquent « la réduction de 30 à 10 jours les délais de recours accordés aux requérants d’asile ».

Un acte d’humanité

Pour les Eglises chrétiennes, ces modifications sont « contraires à l’objectif clé du droit d’asile, la protection des personnes persécutées ».

Elles appellent donc à « garantir des procédures d’asile équitables aux êtres humains en fuite » car « l’octroi de l’asile est un acte d’humanité et de solidarité » : là où « l’humanité elle-même est en jeu », la concurrence des convictions politiques doit cesser, estiment-elles.

Les Églises réaffirment leur soutien aux requérants d’asile après leur arrivée en Suisse : elles offrent notamment « une aide d’accompagnement spirituel » dans les centres d’enregistrement et de procédure de la Confédération et « financent majoritairement les services de conseil juridique ».

Les Églises proposent également deux argumentaires à ce sujet : la Fédération des Églises publie une brochure de « 10 questions–réponses à propos des modifications urgentes de la loi sur l’asile », et la Commission « Justice et Paix » de la Conférence des évêques suisses publie sa prise de position sur la votation fédérale.