Suisse: tragédie de l'euthanasie, sur erreur de diagnostic

Un magistrat italien se croyait incurable, mais il n'avait rien

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 2011 clics

Un magistrat italien de 62 ans s'est fait supprimer en Suisse, à Bâle, après le diagnostic d'une maladie incurable: l'autopsie révèle qu'il était tout à fait sain. 

Le tragique fait divers relance le débat sur "l'euthanasie" ou le "suicide assisté". 

Sa femme et sa fille, qui avaient demandé l'autopsie, ont maintenant réclamé une enquête notamment pour établir la responsabilité du diagnostic erroné  émis en Italie puis en Suisse.

Pietro D'Amico, de Vibo Valentia, procureur général à Catanzaro (Calabre) depuis 1995 et jusqu'à sa démission, il y a trois ans, s'est rendu en Suisse en avril dernier pour demander la mort, à l'insu des siens, rapporte "Il Quotidiano della Calabria" du 10 juillet. La clinique suisse où il a reçu la mort a ensuite averti la famille, qui le croyait parti "pour un voyage".

Or l'autopsie a exclu de façon "péremptoire" le diagnostic de pathologie incurable émis par des médecins italiens et confirmé par des médecins suisses, et qui avait poussé le magistrat, déprimé, à demander le "suicide assisté".

De nouveaux examens ont été fait par l'Institut de médecine légale d'université de Bâle en présence d'un expert mandaté par la famille.

L'erreur scientifique pourrait pousser les parquets italien et suisse à enquêter sur la responsabilité des médecins et sur la cause de l'erreur: négligence, incompétence, imprudence?

L'avocat de la famille,  Michele Roccisano, soutient que pour affirmer la présence de la pathologie les médecins "auraient dû soumettre le patient à des examens spécifiques prescrit par la science médicale, examens auxquels il n'a jamais été soumis".

Le magistrat s'était démis de ses fonctions après avoir été suspecté de fuites dans une affaire de perquisition chez un parlementaire. Il avait été innocenté mais il avait donné sa démission en disant: "cette magistrature ne me mérite pas".

Il a écrit de nombreux volumes de philosophie du droit et de droit romain: certains ont été adoptés comme manuels par des universités italiennes.