Susciter l’espérance, en vue de la paix, de la justice et du développement

La dipomatie vaticane et l’ingérence humanitaire

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ROME, Mardi 30 janvier 2007 (ZENIT.org) – Susciter l’espérance, en vue de la paix, de la justice et du développement, et soutenir l’ingérence humanitaire: c’est ainsi que Mgr Celestino Migliore, représentant du Saint-Siège à l’ONU souligne cette contribution de l’activité diplomatique vaticane au niveau international.



Mgr Migliore a souligné l’importance du droit d’ingérence pour protéger les populations. « Il y a deux ans, en septembre 2005, soulignait Mgr Migliore, au dernier sommet des chefs d’Etat et de gouvernements, le document final a introduit une notion très belle: la responsabilité collective de protéger. La souveraineté n’est plus comprise comme un droit et donc un droit de non interférence dans les affaires internes, mais avant tout comme une responsabilité que les gouvernants et là où les gouvernants ne peuvent ou ne veulent pas protéger la population ou une partie de la population, cela devient une responsabilité collective, qui déclenche alors les mécanismes de l’ONU. Nous avons donc un cadre très précis, encore une fois il s’agit de le faire fonctionner. Et le faire fonctionner veut dire susciter des bonnes volontés. Je crois que c’est aussi une tâche très délicate, cachée, difficile, mais certainement la contribution la plus importante que le Saint-Siège puisse apporter aux Nations Unies ».

Le nonce a été reçu par Benoît XVI le 29 janvier et il a confié ses impressions à Radio Vatican.

« Je suis heureux, disait-il d’avoir eu cette possibilité de parler avec le Saint-Père, aussi directement, de ces préoccupations et de ces espérances communes concernant l’activité de l’ONU. L’ONU vit en ce moment un peu – pourrait-on dire – comme à l’époque de la Tour de Babel : tous travaillent au même projet, nous utilisons les mêmes méthodes, mais en de nombreuses occasions nous avons beaucoup de mal à nous comprendre. Et cela non en raison des langues que nous parlons, parce que nous pouvons plus ou moins tous nous comprendre, mais surtout en raison de l’esprit de fragmentation culturelle qui conduit souvent à une certaine division. Il semble quasi impossible de réussir à se mettre d’accord même sur des choses infimes. Au cours de cette rencontre avec le Saint-Père, j’ai pu me rendre compte de son grand désir que la présence du Saint-Siège à l’ONU puisse apporter une contribution pour débloquer la situation et susciter davantage de bonne volonté pour arriver à des ententes qui seraient certainement fructueuses pour toute l’humanité ».

Pour ce qui est des espérances et des préoccupations du pape au niveau de la situation internationale, Mgr Migliore mentionnait : « De l’ONU, évidemment, on attend ce que l’ONU doit faire. Dans ses statuts, l’ONU a comme devoir d’arriver à la paix, et au bien-être des populations du monde, à travers la coopération et une entente commune. Si l’on considère ces grands chapitres – paix et développement – il y a quelques lumières et beaucoup d’ombres ».

Mgr Migliore ajoutait : « Le nouveau secrétaire général a commencé à exercer ses nouvelles fonctions il y a seulement un mois. C’est certainement un homme très préparé et aussi très bien disposé. Nous sommes en période de rodage et il doit composer son équipe. Nous sommes actuellement dans une situation encore, disons, d’attente, mais d’une attente nourrie de bonnes espérances. On sent que cette nomination été comme une injection de sang neuf dans cette institution ».

Pour ce qui concerne les initiatives du Saint-Siège, Mgr Migliore a précisé que le Saint-Siège ne prend pas actuellement « d’intiatives particulières et spectaculaires », mais cherche à être la voix de ceux qui n’en n’ont pas. « Il y a, précisait-il, de si nombreuses situations d’urgence dans lesquelles on s’adresse au pape, au Saint-Siège, et justement à travers cette présence à New York, nous cherchons à accomplir cette tâche, qui est souvent un travail spécifiquement humanitaire ».