Syrie : appel à la solidarité des chrétiens d'occident

Inquiétude du métropolite orthodoxe d'Alep

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ROME, lundi 13 février 2012 (ZENIT.org) –   Un pays tourmenté pour lequel se dessinent quatre scénarios différents, tous très douloureux : c’est ainsi que le métropolite orthodoxe d’Alep décrit l’état de la Syrie où massacres, attentats et manifestations hostiles au régime du président Bachar Al-Assad , ne cessent d’être rapportés. Il en appelle à la solidarité des chrétiens.

 Dans des déclarations accordées à ZENIT, Gregorios Yohanna Ibrahim, sort de la réserve maintenue jusqu’ici par les églises syrienne, pour décrire la situation sur place, et mettre en garde sur ses conséquences, notamment pour les chrétiens.

S’adressant aux chrétiens d’occident et du monde entier, le métropolite d’Alep a déclaré : « Ce dont nous avons vraiment besoin c’est de votre soutien moral et de vos prières pour la stabilité et la paix en Syrie ».

Selon l’évêque, le premier scénario possible, « très dangereux », est l’impossibilité de « prévoir ce qui peut arriver dans les prochains jours ou prochaines semaines ».

La seconde hypothèse : une « intervention étrangère », qui impliquerait un « contrôle indirect » de la Syrie par des forces militaires ou diplomatiques occidentales.

Troisième scénario possible: « une guerre civile » dont la durée préoccupe sérieusement toutes les parties impliquées, avec cette grande inconnue qu’est l’entrée d’armes dans le pays.

 « On se demande  si la Syrie ne risque pas de faire la fin du Liban après 1975 », a commenté l’évêque orthodoxe.

Concernant le quatrième scénario, Mgr Ibrahim craint le pire : l’arrivée inévitable de changements qui, aux vues de ceux déjà apportés dans le pays par le printemps arabe, ne seront pas porteurs de démocratie. 

L’inconnue est sur le « quand » et « comment », a-t-il déclaré, soulignant que « les modèles libyen, égyptien et yéménite n’ont fait le bonheur de personne dans le monde arabe ».

Dans toute cette situation, Mgr Ibrahim voit néanmoins un fait positif : « Il n’y a pas d’exode massif » des chrétiens.

Malgré des informations que lui a fournies l’archevêque orthodoxe de Homs,  faisant état du départ de la ville de la moitié des familles chrétiennes, aucun autres villages et localités du pays ne semblent en avoir pris le chemin.

Il a confirmé que les  ambassades des pays arabes et européens, ainsi que des Etats-Unis sont toutes fermées, mettant les syriens dans l’impossibilité d’obtenir des visas et d’expatrier.

« Ceci est bon signe et peut arrêter l’émigration avant même qu’elle ne commence », a conclu l’évêque orthodoxe.

Traduction de l’italien par Isabelle Cousturié