Syrie : appel au respect mutuel entre les religions

Le pape reçoit une délégation de l'Eglise catholique melkite

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 578 clics

Le pape François exhorte « au respect mutuel entre les différentes confessions religieuses » de Syrie, pour garantir à tous « un avenir fondé sur les droits inaliénables de la personne, y compris la liberté religieuse ».

Le pape a reçu le patriarche Gregorios III, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem, accompagné de 15 membres du Synode de l’Eglise grecque-melkite catholique et de près de 500 laïcs du monde entier, à l’occasion de leur pèlerinage à Rome, samedi dernier, 30 novembre 2013.

Venus du Liban, de Syrie, de Jérusalem et de Galilée, d’Egypte, des Etats-Unis, du Canada, d’Australie, les membres de la délégation étaient accompagnés par Michel Pharaon, député et ancien ministre libanais, Nicolas Sehnaoui, ministre libanais des Télécommunications, Fawzi Khamis, procureur général auprès de la Cour des Comptes libanaise, Maria Saadeh, députée syrienne et Riad Sarji, président de la société Saint Vincent-de Paul à Damas.

« Nous ne nous résignons pas à penser au Moyen-Orient sans les chrétiens », a déclaré le pape, rendant hommage à l’Eglise melkite, qui « depuis des siècles, a su cohabiter pacifiquement avec d’autres religions et est appelée à jouer un rôle de fraternité au Moyen-Orient ».

Il a également souligné leur rôle dans l’unité de l’Eglise : « Vous êtes, pour tous nos frères d’Orient, un signe visible de cette communion que nous souhaitons avec le Successeur de Pierre... Prions le Seigneur qu’il nous aide à poursuivre le chemin œcuménique...  Qu’il nous aide à être toujours des coopérateurs de l’évangélisation, en cultivant la sensibilité œcuménique et interreligieuse ».

Sollicitude du pape pour la Syrie

Le pape a exprimé sa sollicitude pour les « frères et sœurs de Syrie, qui subissent depuis très longtemps une grande tribulation » : « je prie pour tous ceux qui ont perdu la vie et pour leurs proches ».

« Que le Seigneur sèche les larmes de ses enfants; que la proximité de toute l’Eglise les réconforte dans l’angoisse et les préserve du désespoir », a-t-il ajouté.

Le pape a aussi affirmé son espérance « dans la force de la prière et de la réconciliation », appelant les responsables à mettre fin à toute violence et à « trouver des solutions justes et durables » à travers « le dialogue ».

Il a exhorté en particulier « au respect mutuel entre les différentes confessions religieuses », pour garantir à tous « un avenir fondé sur les droits inaliénables de la personne, y compris la liberté religieuse ».

« Nous voulons rester dans ce Proche-Orient »

Le patriarche Gregorios III a présenté au pape son Eglise, « une Église de Communion et de Témoignage » mais qui est « aujourd’hui une Eglise en détresse ».

« Pour cette Eglise qui est dans une situation inédite dans son histoire, vous êtes Simon le Cyrénéen, qui portez sa croix avec elle, et cela avec compassion et amitié », a ajouté le patriarche, remerciant le pape François pour la prière qu’il a lancée en faveur de la paix au Moyen-Orient, le 7 septembre dernier.

« Malgré les malheurs et la situation tout à fait tragique que nous vivons depuis bientôt trois ans, nous voulons rester et aider nos fidèles à rester. Nous voulons rester dans ce Proche-Orient pour répondre à l’appel de Jésus… Nous voulons être martyrs sur cette terre, martyrs par le sang », a affirmé le cardinal.

Il a rendu hommage à trois hommes de Maaloula, au nord de Damas : Michel Thalab, Mtanios Thalab et Sarkis Zachem, « de vrais martyrs, qui ont été sommés d’abjurer et ont fièrement refusé ».