Syrie : arrêter l'escalade de la violence, nouveaux appels de l'Eglise

Appels à la réconciliation

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Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mercredi 18 juillet 2012 (ZENIT.org) – En Syrie, plusieurs représentants de l’Eglise ont lancé ces derniers jours des appels urgents au dialogue pour mettre un terme au bras de fer sanglant qui oppose le régime du président Bashar al-Assad et l’opposition, entraînant désormais le pays dans une guerre civile ouverte.

Le dernier appel en date, mardi 17 juillet, est celui du patriarche des grecs melkites de Damas, Grégoire III Laham. « Les syriens, forts de leur longue histoire, peuvent se relever de cette crise dangereuse en s’aidant les uns les autres, au travers de l’amour et du pardon », a-t-il déclaré à l’agence vaticane Fides.

« Nous lançons un appel urgent en faveur du dialogue, de la réconciliation, de la paix : c’est l’une des langues les plus rares que beaucoup ne veulent écouter. Nous chrétiens, à qui est confié l’Evangile de la paix, nous sentons appelés à la promouvoir », écrit le patriarche, soulignant que les dangers les plus importants en Syrie aujourd’hui sont l’anarchie, le manque de sécurité et l’afflux massif d’armes.

« La violence génère la violence qui atteint tous les citoyens, sans distinction de race, de religion ou d’opinion politique”, avertit le patriarche, surtout préoccupé pour la communauté chrétienne, considérée « le maillon le plus faible ». Les chrétiens, affirme-t-il, sont « sans défense, sont les plus vulnérables face à l’exploitation, aux extorsions, aux enlèvements de personnes et aux abus ».

Le patriarche exhorte les Eglises à élever leur voix, à demander « des réformes, la liberté, la démocratie, la lutte contre la corruption, le soutien au développement et la liberté d’expression ».

« Aujourd’hui, ajoute Grégoire III Laham, nous demandons d’arrêter le cycle de tueries et de destructions, surtout à l’encontre des civils en difficulté de toutes les religions qui en sont, en réalité, les véritables victimes ».

Tout en rejetant une certaine « campagne conduite contre les Pasteurs des Eglises en Syrie », souvent accusés de collusion avec le régime alaouite - une minorité – du président Assad, le patriarche appuie le mouvement Mussalaha - « réconciliation » -.

« Nous prions pour la réussite du mouvement Mussalaha, au sein duquel sont présents des délégués de toutes les Eglises afin de porter l’unité et l’amour dans les cœurs de tous. C’est ce qui pose les bases en vue de solutions efficaces à ce conflit tragique », écrit le patriarche qui estime que la visite de Benoît XVI au Liban, du 14 au 16 septembre prochain, « sera un appui particulier pour la Syrie, afin que le conflit puisse cesser et le pays refleurir ».

Toujours à l’agence Fides, le vicaire apostolique d’Alep, Mgr  Giuseppe Nazzaro, OFM, a lui aussi apporté son soutien à l’initiative populaire interreligieuse Mussalaha, affirmant que celle-ci méritait d’être « encouragée et soutenue par tout le monde ».

 « La réconciliation, même si elle est parfois dure à accepter, est une voie à ne pas négliger et à ne pas sous-estimer », a dit le pasteur.

L’évêque explique: « Suivant mon expérience en la matière et surtout à cause de ce qu’ont fait par le passé mes confrères franciscains, appelés à intervenir dans des situations délicates, je crois que Mussalaha doit être appuyée ».

Le mouvement, qui se présente comme une troisième voie dans le scénario du conflit syrien, est né « d’en bas » et privilégie – comme l’explique Fides  - le « dialogue interne entre les différentes composantes politiques, sociales et religieuses de la population syrienne ». 

« Je suis totalement d’accord avec son esprit parce que son but principal est de sauver des vies humaines », a déclaré Mgr Nazzaro en commentant cette initiative, dont la médiation a permis ces derniers jours l’évacuation de plus de 60 civils, surtout chrétiens, de la ville de Homs, une des forteresses de l’insurrection.

« L’homme d’aujourd’hui, y compris dans le cadre du conflit tragique auquel nous assistons, doit se rendre compte du fait qu’une vie humaine est un don de Dieu et qu’en tant que tel elle doit être préservée par respect pour Dieu qui l’a donnée à l’homme qu’il soit chrétien, musulman, juif ou bouddhiste », a conclu le vicaire apostolique.