Syrie: de nouveau l'eau manque à Alep, par Mgr Audo

Et les habitants sont épuisés

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 654 clics

L'évêque chaldéen d’Alep, Mgr Antoine Audo, SJ, dit son inquiétude pour la "bataille d'Alep" qui s'annonce, alors que la ville est "épuisée".

Il confie à l'agence vaticane Fides : « Au cours de ces derniers jours, on a compté moins de tirs de roquettes. Cela peut faire penser au calme qui précède la tempête. Tous disent que, lorsqu’elle aura lieu, la bataille d’Alep sera la « bataille finale ». Mais nous ne savons pas encore ce que cela voudra dire pour nous. Il existe l’attente diffuse d’une libération ainsi que l’espoir d’être libérés de la guerre de position qui divise et épuise la ville depuis près de deux ans. Mais la peur que tous les quartiers ne soient bouleversés par les bombardements ou par les représailles des rebelles est également présente. Voire même celle de finir comme Mossoul. Tous comprennent, même si cela a lieu confusément, que ce qui se passe actuellement ici n’est pas une question locale mais se trouve conditionnée par des affrontements de pouvoirs régionaux et mondiaux ».

De nouveau l'eau manque à Alep:  « Maintenant, l’eau manque également, indique à Fides l’Evêque chaldéen d’Alep, et l’énergie électrique n’arrive que par brefs moments. Nous avons rouvert les puits dans les églises et les mosquées pour secourir la population. Nous continuons à mener les programmes d’assistance avec les bénévoles de la Caritas. La population est épuisée et porte sur le visage les signes d’une fatigue infinie. Pour notre part, nous faisons ce que nous parvenons à faire ».

Depuis juillet 2012, rappelle Fides, Alep est divisée entre le secteur ouest, contrôlé par l’armée régulière, et les quartiers est, aux mains des rebelles.

Au cours de ces derniers jours, continue la même source, l’armée aurait repris le contrôle de la zone industrielle du nord de la ville.

Avec la nouvelle avancée des troupes régulières, des porte-parole des rebelles ont accusé le régime de Damas et les djihadistes du soi-disant État islamique en Irak et au Levant (EIIL) de s’être alliés et de viser à se diviser les territoires libérés du contrôle des autres forces d’opposition. L'EIIL s'est emparé de vastes zones de territoire en Syrie et en Irak, proclamant un "califat islamique".