Syrie : Donnez une chance à la paix !

Par le patriarche Grégoire III

Rome, (Zenit.org) | 695 clics

En Syrie, « il est temps d’en finir avec ces armes et, plutôt que d’appeler à la violence, les grandes puissances devraient œuvrer pour la paix », estime le patriarche Grégoire III.

Grégoire III Laham, patriarche d’Antioche de l’Eglise catholique melkite, a fait part de ses doutes sur une éventuelle intervention militaire extérieure en Syrie, lors d’une interview accordée le 27 août à l’Aide à l’Église en détresse (AED).

Œuvrer pour la paix

Le patriarche, actuellement au Liban, vient d’accomplir une mission pastorale dans la capitale syrienne ravagée par les combats. Il a notamment ordonné trois prêtres, le 25 août.

Une intervention militaire de l’Occident contre le régime d’Assad serait désastreuse, selon le chef de l’Église catholique melkite : « Il est temps d’en finir avec ces armes et, plutôt que d’appeler à la violence, les grandes puissances devraient œuvrer pour la paix. »

Il met en garde également contre une action punitive : « Comment pouvons-nous savoir, à ce jour, qui étaient les auteurs de ces attaques chimiques ? ». « On ne peut pas accuser à tour de rôle le gouvernement et l’opposition. Il n’y a rien de tel pour attiser la violence et la haine… Voilà deux ans que les Américains enveniment la situation. »

450 000 chrétiens réfugiés

Le patriarche exprime ses inquiétudes concernant les combattants étrangers qui se rendent en Syrie : « nombre de personnes viennent de l’extérieur de la Syrie pour se battre dans le pays. Ces combattants nourrissent le fondamentalisme et l’islamisme. »

Pour Grégoire III, la situation est « tragique » : 450 000 chrétiens syriens – soit près du tiers de l’effectif total – ont été déplacés dans le pays ou se sont réfugiés à l’étranger. « Les extrémistes veulent attiser la haine entre les chrétiens et les différentes mouvances musulmanes. »

Dans l’après-midi du 27 août, rapporte-t-il, deux bombes sont tombées dans la vieille ville de Damas. L’un de ces deux explosifs s’est écrasé sur un centre de scoutisme, à environ 10 mètres de l’entrée du patriarcat catholique melkite, tuant deux hommes qui passaient par là : « Nous ne savons pas si les agresseurs visent les églises. Il se pourrait que nous ayons été attaqués parce que nous sommes tout près d’une base de l’armée. »

Fermes dans la foi

Le patriarche décrit également le travail d’un centre de secours que le patriarcat catholique melkite a mis en place fin 2011 : à l’heure actuelle, ce centre fournit entre autres de la nourriture et des médicaments à 2 800 familles déplacées.

Il conclut par une note d’espérance : « Nous sommes heureux que notre peuple réponde à cette situation par la prière. Durant toute cette période de crise, nos églises ont été quasiment pleines. »  « Les gens sentent qu’en dépit de tous les problèmes, Dieu fait des miracles pour eux – nombre d’entre eux ont eu la vie sauve. »

En résumé, « l’espoir et le désespoir se chevauchent. Les gens ne savent pas ce que l’avenir leur réserve. Ils sont très inquiets pour leurs enfants et pour les personnes vulnérables, notamment les personnes handicapées… Les gens ont peur, mais ils restent fermes dans leur foi. »