Syrie: douleur des chrétiens et des musulmans après l'assassinat du P. Frans

Témoignage du P. Joseph Bazuzu

Rome, (Zenit.org) Rédaction | 528 clics

La perte du prêtre jésuite Frans van der Lugt est un vide impossible à combler pour la population syrienne, confie le prêtre arménien Joseph Bazuzu, responsable des rencontres mensuelles des prêtres et opérateurs pastoraux d’Alep, à l’agence Fides.

Son assassinat le 7 avril dernier à Homs, « a secoué les chrétiens mais aussi les musulmans », ajoute-t-il. Le père van der Lugt, présent en Syrie depuis presque 50 ans, était en effet au service de la population sans distinction de religion, notamment grâce à son activité de psychothérapeute.

Le P. Bazuzu fait mémoire de son « choix courageux de rester à Homs durant l’évacuation des civils, pour rester aux côtés de la population à la merci des bombardements quotidiens et du manque de nourriture, dans le quartier de Bustan al-Diwan, sous le contrôle des rebelles et longuement assiégé par l’armée de Bacharr al Assad ».

Dans la métropole syrienne martyrisée « nous faisons chaque jour l’expérience de ce que veut dire traverser avec foi la souffrance. Maintenant, le Père Frans Van der Lugt, qui a témoigné jusqu’au martyr de son amour du Christ et du peuple syrien nous aidera par son exemple », ajoute-t-il.

Le père Bazuzu suggère aujourd’hui « d’orienter la pastorale sur les paroles et les réflexions qui peuvent soutenir le peuple de Dieu dans les conditions actuelles. Parfois certains choisissent leurs pénitences pour faire des chemins de mortification. Pour nous, les croix à porter nous viennent de l’extérieur. Nous ne les choisissons pas ».

« Pour nous aider à vivre cette période, dans les homélies et les rencontres de catéchèse, nous centrons notre réflexion sur les passages du Nouveau Testament qui décrivent cette condition, où seule l’aide du Christ peut nous soutenir », explique-t-il.

Jusqu’ici, aucune revendication officielle de l’assassinat n’a été faite. Les services de communication du gouvernement syrien l’attribuent à des « terroristes non identifiés », expression utilisée pour désigner toutes les formations et milices d’opposition.

La Syrian National Coalition, cartel de groupes anti-Assad soutenu par certains Etats du Moyen-Orient et de l’Occident, a elle aussi condamné le meurtre du prêtre, affirmant que le Père van der Lugt se trouvait « sous la protection de la Free Syrian Army », bras armé de la Syrian National Coalition.

Traduction d’Océane Le Gall