Syrie : l'espérance de la paix malgré tout

Présence salésienne dans un pays meurtri par la violence

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Eugenio Fizzotti

Traduction d’Océane Le Gall

ROME, lundi 3 septembre 2012 (ZENIT.org) – « Nous espérons toujours qu’il sera possible de trouver une solution pacifique »,  écrit le P. Mounir dans un communiqué à tous les salésiens du monde entier, dont la teneur est rapportée par l’agence Infos Salésiennes ANS et il invite tous ceux qui liront ce communiqué à partager avec  lui «  des prières ferventes pour une solution pacifique de la crise syrienne, pour la sécurité et la stabilité ».

Le P. Mounir El Rai, provincial des salésiens au Moyen-Orient, évoque la situation de la Syrie et la situation tragique des déplacés et des réfugiés, et  la présence salésienne à Damas, Alep et Kafroun.

« En ce moment, nous n’arrivons pas à voir la lumière au fond du tunnel. Nous sommes très tristes, préoccupés et découragés pour ce qui s’est produit en Syrie au cours de la dernière année et demi », regrette-t-il.

La province salésienne du Moyen Orient, qui a son siège à Bethléem, a en effet deux communautés au Liban, trois en Egypte, cinq en Israël, une en Turquie, une en Iran et trois en Syrie, mais les activités de l’une d’entre elles sont suspendues.

Le provincial confirme « le chaos inouï » qui règne en Syrie depuis la mi-mars, constatant que « la situation du pays empire, marquée par de nouveaux bombardements et attaques à Alep et Damas ».

« Manque de carburant, d’électricité, d’eau, de pain, e gaz et d’autos, paralysie des marchés et chômage, s’ajoutent au manque de sécurité et au chaos », souligne le père Mounir qui se dit bouleversé par une situation dégénérant à vue d’œil et dont les milliers d’habitants subissent les conséquences

« Plus de 30.000 personnes ont été tuées, les blessés sont au nombre d’environ 200.000, avec des milliers de familles entre évacués et réfugiés. », précise le provincial soulignant que  « la violence a bouleversé et brisé le tissu démographique et l’ancienne coexistence ».

Les évacués et les réfugiés sont environ un million et demi, la plupart desquels a cherché un abri à Damas et Alep et dans les zones de montagne autour de Homs et Hama, zone où les affrontements ont commencé. Beaucoup d’entre eux ont perdu leurs maisons et ont besoin de soins médicaux et d’aides humanitaires, mais  les secours ont du mal à passer et ces aides sont insuffisantes.

Plus de 300.000 Syriens sont déjà arrivés dans les 4 camps de réfugiés qui ont été créés dans les pays voisins.  Dans cette phase, il est plus que jamais important de soutenir les minorités religieuses, en fournissant une assistance spécifique et en contribuant à alléger l’état d’incertitude provoqué par la toujours plus fréquente perte du poste de travail et par l’aggravation des affrontements qui à présent intéressent leurs quartiers.

« La fuite à l’étranger des minorités religieuses autochtones priverait la future Syrie de son pluralisme religieux, social et culturel avec le rôle que cela comporta dans le processus de démocratisation et dans le récupération d’une coexistence pacifique », fait observer le Salésien.

Concernant le travail des salésiens sur place, père Mounir fait état d’activités de soutien aux familles des déplacés des villes de Damas, Alep et Kafroun, en prêtant particulièrement attention aux enfants et aux jeunes, dont beaucoup proviennent des campagnes et des quartiers les plus touchés par les affrontements, en les impliquant dans des activités de récréation et d’éducation dans les écoles et dans les autres instituts et centres d’accueil qui accueillent les évacués.  

Les jeunes Syriens vivent aujourd’hui « une expérience douloureuse et insolite, qui laisse des traces dans leur vie, dans leurs sentiments et également dans leurs rêves », écrit le P. Mounir  qui a tenu deux rencontres avec la « Jeunesse Don Bosco »  à Alep et à Damas sur le thème de la crise et des effets positifs et négatifs sur la vie personnelle.

Les communautés salésiennes présentes en Syrie ouvrent leurs centres tous les soirs, pour accueillir familialement tous ceux qui le souhaitent, échangeant des moments de fraternité, de soutien réciproque et de sincère prière participée.

La communauté salésienne est composée de 4 confrères et un pré-novice. Le Centre des jeunes est fréquenté par de nombreux enfants et jeunes: environ 450 chrétiens appartenant à plusieurs rites, surtout dans les journées de vendredi, samedi et dimanche. Les autres jours, sauf le lundi, le centre est ouvert pour certaines activités particulières (entraînements, groupes) et pour tous ceux qui le souhaitent. La maison d’Alep a été choisie depuis quelques années comme communauté d’accueil vocationnel pour aspirants et pré-novices de la Province. En outre, elle est le siège d’un centre de coopérateurs salésiens”.

À ces activités s’ajoutent la pastorale universitaire, et des propositions à caractère formatif, récréatif et liturgique, l’assistance spirituelle et sociale aux prisonniers par la Messe des fêtes en prison tous les 15 jours.

Depuis 1992, la communauté salésienne était également présente à Kafroun, mais, en 2008, les supérieurs ont décidé de suspendre ses activités et de confier sa gestion à la communauté d’Alep. Ainsi, le centre est ouvert  en été pour les camps et les groupes, avec la présence stable de 2 confrères envoyés par le provincial; de nombreux enfants et jeunes locaux ont participé à l’initiative « Été Jeunes »; au moins deux fois par an, à l’occasion de Noël et de Pâques, de nombreux groupes de Syrie et du Liban ou d’autres groupes d’Eglise participent aux initiatives de formation qui leur sont proposées.

A Damas aussi, comme à Alep, la communauté salésienne, formée de 4 salésiens, a en charge un Centre de jeunes fréquenté par près de  350 enfants et jeunes chrétiens  provenant de plusieurs quartiers de la ville et de différents rites, surtout dans les deux journées de fête du vendredi et de dimanche.

La communauté, fait encore savoir le P. Mounir,  est également engagée dans le travail avec les réfugiés irakiens, gérant un centre éducatif où les jeunes, qui ont quitté la école pour plusieurs raisons, reçoivent une éducation scolaire, culturelle, religieuse.

La communauté est en outre engagée dans l’assistance spirituelle aux deux communautés des Filles de Marie Auxiliatrice, aux malades de l’hôpital voisin et aux soins de la maison de Maarra Sidnaya, conçue comme une maison de spiritualité pour les jeunes et les adultes.

« En tant que fils de Don Bosco, nous avons une mission éducatrice pleine de défis éducatifs. En particulier: construire la paix et la coexistence pacifique, soutenir le dialogue, refuser la violence, rejeter la haine, c’est-à-dire, l’éducation ‘du bon chrétien et de l’honnête citoyen’ »,  souligne dans le provincial des salésiens au Moyen Orient.