Syrie : mettre le bien de la personne au coeur des discussions

Appel de Mgr Chullikatt

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 428 clics

Ce sont « les intérêts de la personne humaine et le bien de la Syrie » qui doivent être « au cœur des discussions » de Genève 2, et non pas « les rivalités régionales et internationales », estime Mgr Chullikatt.

Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU de New York, est intervenu au Conseil de sécurité, lors du débat sur « La situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne », le 20 janvier 2014.

Le bien de l'homme d'abord

« Le Saint-Siège a à plusieurs reprises exprimé ses préoccupations claires pour la paix et le bien-être de tous les peuples du Moyen-Orient », a-t-il rappelé, évoquant en particulier « la situation actuelle en Syrie ».

L'archevêque a souhaité que « les pourparlers de Genève 2 soient l'occasion d'une réflexion renouvelée pour offrir un nouveau départ à cette belle nation laissée en proie à une destruction indescriptible ».

Ces négociations, a-t-il estimé, « doivent inclure un cessez le feu immédiat et sans condition politique », car « l'urgence de la paix l'emporte sur la résolution d'autres questions politiques et sociales ».

En d’autres termes, ce sont « les intérêts de la personne humaine et le bien de la Syrie » qui doivent être « au cœur des discussions », et non pas « les rivalités régionales et internationales ».

Le Saint-Siège a encouragé à « un engagement pour la promotion des initiatives de paix au lieu de financer et d’envoyer des armes ».

L'équilibre du pluralisme syrien

Les négociations doivent aussi organiser un « déploiement immédiat de l'aide humanitaire » et « la reconstruction du pays pour les innombrables réfugiés logés dans les pays voisins, où ils souffrent de privations mortelles de nourriture, d’eau potable et de soins de santé de base ».

Mgr Chullikatt a dénoncé « un exode préoccupant des chrétiens », « cibles des forces fondamentalistes et extrémistes ».

Pour l’archevêque, « la reconstruction devra nécessairement inclure de nouvelles formes de participation et de représentation politique » et « assurer la sécurité de tous les groupes de Syrie » : pour cela, « le dialogue interreligieux et la réconciliation seront nécessaires » et « les pourparlers de Genève 2 doivent assurer la participation inclusive de toutes les parties à ce conflit ».

Le Saint-Siège s’est engagé à « continuer de travailler aux côtés de ceux qui assistent les victimes », notamment par ses services d’éducation, de soins de santé, et à « soutenir toutes les communautés religieuses dans leurs efforts pour atteindre de nouveaux accords ».

Il a appelé à « rétablir l'équilibre du pluralisme riche et complexe de la société syrienne », rappelant que « le peuple syrien a démontré dans son histoire une capacité à vivre ensemble dans la paix ».

Une réelle différence au Moyen-Orient

Le Saint-Siège a salué par ailleurs « la reprise des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens », faisant observer que « les décisions courageuses sont rarement faciles et peuvent même rendre politiquement impopulaire ».

Souhaitant des négociations « directes, sérieuses et concrètes », il a rappelé que « la paix n'est pas simplement l'absence de guerre, mais exige que la justice soient respectée pour tous les peuples et les communautés ».

Dans la même veine, Mgr Chullikatt a souligné « la préoccupation du pape François pour les problèmes politiques en cours au Liban et en Irak ».

Le rôle des Nations-Unies, a-t-il insisté, consiste à « stimuler la communauté internationale pour faire une réelle différence dans la vie des peuples du Moyen-Orient et les aider à réaliser leur rêve de paix tant attendue ».

En outre, « la situation économique mondiale ne permet plus à la communauté internationale de continuer indéfiniment à financer les réfugiés. La paix est la condition nécessaire pour une stabilité socio-économique capable d'attirer des fonds de développement ».