TED, alias « l'oscar des idées » au Vatican

La liberté religieuse en question

Rome, (Zenit.org) Antonio Gaspari | 927 clics

On l’appelle « l’oscar des idées », « l’Hollywood du génie », un mélange de science, de communication et de divertissement : il s’agit du « TED » ou « Technology Entertainment Design » « ideas worth spreading » (« des idées qui valent la peine d’être divulguées »).

Tout est partie d’une conférence annuelle pour personnes ayant des idées à transmettre et aujourd’hui, il est n des sites les plus visités au monde (http://www.ted.com).

La nouveauté c’est que cette année, pour la première fois, le TED arrive au Vatican : le 19 avril, à via della Conciliazione, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture ouvrira le « TEDxviadellaconciliazione », (www.TEDxviadellaconciliazione.com) une rencontre mondiale pour parler de liberté religieuse aujourd’hui.

Pour en savoir davantage, ZENIT a rencontré l’organisatrice du « TED », Giovanna Abbiati.

Zenit - Qu’est-ce que le TED?

Giovanna Abbiati - TED est une conférence annuelle où les personnes parmi les plus brillantes de la terre se réunissent pour partager des idées qu’il vaut la peine de répandre.  Leurs interventions sont publiées librement sur leur site pour être partagées par des millions de personnes dans le monde.

Quel lien entre le TED et l’Eglise catholique?

Etre catholique signifie avoir un esprit universel. L’Eglise a toujours eu pour mission de témoigner la rencontre spirituel entre le divin et l’être humain.

Les  ressources qui sortiront de cette rencontre doivent être diffusées! Maos comment? En les publiant dans toutes les langues que nous connaissons, de manière à ce que chacun puisse savoir et comprendre. Le langage numérique est l’un des nouveaux langages communs de notre époque contemporaine. A travers lui, TED répand ces idées, et nous espérons utiliser ce pouvoir de liaison pour répandre aussi les ressources spirituelles.

Pourquoi avoir choisi le thème de la liberté religieuse?

Ce thème est important si l’on veut parler de paix. Dans la société sécularisée, les signes religieux sont souvent interdits sur les lieux de travail, les symboles religieux souvent cachés. Dans d’autres pays, la restriction au plan religieux est très haute. Le Pew Research Center a rapporté que plus de 2,2 milliards de personnes – presqu’un tiers de la population mondiale – vivent dans 23 pays, où les restrictions gouvernementales, les croissantes hostilités sociales, concernent la pratique religieuse. Pouquoi avons-nous peur de la religion? Seul le fondamentalisme doit nous faire peur.

Le fondamentalisme est une perversion de la religion. La violence n’est pas « religion », exercer la violence au nom d’une croyance religieuse n’est pas de la religion.

Que souhaitez-vous obtenir avec cette rencontre « Ted x via della Conciliazione »?

Nous voulons réaffirmer que la liberté religieuse est un droit humain fondamental. Celle-ci est avant tout une aspiration de l’âme. La liberté religieuse consiste à garantir la protection de tous les hommes et de toutes les femmes contre toute tentative de coercition à l’égard de sa conscience.

A travers la religion, chaque homme et chaque femme découvrent l’identité de son identité humaine. Par la religion, l’humanité découvre le sens et la valeur de la vie. La pratique religieuse inspire et pousse les hommes à édifier un monde de justice et de paix. Toutes les religions expriment un sens des responsabilités pour l’humanité et pour le monde.

De quelle manière?

Vous voulez transformer la société? Rejetez l’émargination! En commençant par votre communauté. Cette communauté peut être votre voisin de pallier ou votre frère. Prendre soin des plus faibles, des personnes âgées, des veuves, des étrangers, signifie essayer de construire un réseau social, en favorisant la fraternité.

Il s’agit de faire levier sur toute la force que la foi peut donner, en essayant de transformer la haine en amour, en pratiquant l’amour même lors de conflits, en favorisant le pardon. Amour en tant que passion de Dieu, celui qui s’adresse aussi aux détenus et aux mourants.

Le défi à relever à difficile. La chose importante c’est que cela ne se passe pas uniquement assis autour d’une table ou avec quelques groupes de dirigeants seulement. Il faut partir des jeunes.

Qui sont les invités et pourquoi les avez-vous choisis?

Nous avons cherché des intervenants capables de promouvoir « dialogue » et « unité » à tous les niveaux, en partant de la culture. Nous avons cherché des talents et des visionnaires en mesure de nous montrer l’existence d’un substrat, d’idéaux et de circonstances communes, aussi bien dans la religion que dans la culture.

Des personnes comme Soumaya Slim avec le Musée Soumaya ou Sheika Hussah al Salem avec le Darmuseum. La première au Mexique, la seconde au Koweït, toutes les deux engagées à promouvoir la beauté à travers l’art. Deux mondes et racines différents avec un objectif commun. 

Nous avons par ailleurs cherché des personnes qui changent le monde par leur foi, comme Alicia Vacas qui travaille beaucoup en terre Sainte et Leone Narvaez qui convertit à la paix les FARC (Forces armées révolutionnaires) en Colombie.     

Pourquoi avoir choisi le format de TED?

A une ère de partage comme la nôtre, TED a été capable de répandre les idées de manière très positive.  Si nous regardons la télévision, écoutons la radio et naviguons sur la Toile, ce qui nous est communiqué est souvent une vision négative du monde. Alors que TED est une plateforme qui parle pour partager et répandre l’optimisme. Nous ne voulons pas dire que le mal n’existe pas, mais ne parler que des ténèbres signifie oublier l’existence de la lumière. Une approche aussi négative coupe les ailes  de l’être humain. Nous sommes faits de chair mais notre esprit est fait pour voler haut et ailleurs!

Quel est votre rêve ?

Nous devons apprendre à vivre ensemble et à aimer. L’Amour ce n’est pas seulement une idée, c’est ce qui nous connecte avec le tout.

Traduction d'Océane Le Gall