« Témoignage de charité » de l’abbé Pierre, hommage de Benoît XVI

Télégramme au card. Ricard

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ROME, Mardi 23 janvier 2007 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI rend hommage au « témoignage de charité » de l’abbé Pierre, décédé hier à Paris à l’âge de 94 ans (cf. Zenit du 22 janvier 2006).



Ce télégramme a été adressé par le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone au président de la conférence épiscopale française, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, au lendemain de la disparition du fondateur de la Communauté Emmaüs (cf. http://www.emmaus-international.org).

« Informé du décès de l’abbé Pierre, le Saint-Père rend grâce pour son action en faveur des plus pauvres, par laquelle il a donné un témoignage de la charité qui nous vient du Christ », dit le message.

Benoît XVI confie le défunt « à la miséricorde divine » et « demande au Seigneur d’accueillir dans la paix de son royaume ce prêtre qui a toute sa vie lutté contre la misère ».

« En gage de réconfort et d’espérance, Sa Sainteté vous envoie de grand cœur, ainsi qu’à la famille du défunt, aux membres des communautés d’Emmaüs et à toutes les personnes réunies pour la cérémonie d’adieu la bénédiction apostolique », ajoute le cardinal Bertone.

La chaîne de télévision nationale française « France 2 » diffusera en direct l'hommage national qui sera rendu à l'abbé Pierre, lors de ses funérailles, vendredi à 11H00, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence du président de la République Jacques Chirac et du Premier ministre Dominique de Villepin.

Rappelons que face aux rigueurs de l’hiver 1954 à Paris, le P. Henri Grouès, connu sous le nom de « l’abbé Pierre », « Pierre » étant son nom de résistant, a donné une tournure nouvelle à son action par son fameux « appel » du 1er février qui commençait ainsi : « Mes amis au secours! Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée (…). Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure ».

On a appelé cet appel « l’insurrection de la Bonté ». L’abbé Pierre avait demandé en vain au Parlement un milliard de francs. Trois semaines plus tard, ce même Parlement adopte à l’unanimité non pas un, mais dix milliards de crédits afin de réaliser immédiatement 12 000 logements d’urgence pour les plus défavorisés. Les jours suivants voient la création de nombreuses structures au sein d’Emmaüs : HLM (Habitation à loyer modéré, ndlr) Emmaüs, Association Emmaüs, puis SOS Famille Emmaüs en 1967.

La fondation de la première communauté d'Emmaüs datait de 1949, à la suite d’une rencontre avec un homme seul et désespéré. L’abbé Pierre lui demande de venir « l’aider à aider », l’aider à donner un logement aussi précaire soit-il, aux familles sans-logis.

A l'étranger, plus de 400 communautés furent fondées dans plus de 40 pays.