« Témoignage », le film sur Jean-Paul II traversé par un vent de Pentecôte

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ROME, Vendredi 17 octobre 2008 (ZENIT.org) - « Témoignage », le nouveau film sur Jean-Paul II, est comme traversé par un « vent de Pentecôte », à l'instar de la vie de Karol Wojtyla, retracée grâce aux scènes reconstituées de l'enfance et de la jeunesse, les images d'archives, souvent inédites, les commentaires du cardinal Dziwisz et le récit confié à Michael York.

Au cours de la projection du film « Témoignage » (cf. Zenit du 15 octobre 2008), en la salle Paul VI du Vatican, jeudi 16 octobre, en ce XXXe anniversaire de l'élection du pape polonais comme Successeur de Pierre, la salle a applaudi,  saisie par l'émotion, à quatre reprises, réagissant comme un seul homme.

« Il y avait comme une atmosphère de Pentecôte, hier, pendant la projection », a commenté aujourd'hui à la salle de presse du Saint-Siège un observateur du synode, Don Giorgio Costantino.

Il semble que ce vent de Pentecôte ait traversé aussi tout le film, depuis ce coup de vent qui fait flotter les chasubles rouges des cardinaux en deuil, et qui ferme soudain, après en avoir effeuillé les pages, le lectionnaire ouvert sur le cercueil du défunt pape, le 8 avril 2005, place Saint-Pierre.

La célébration des funérailles était présidée par le cardinal Joseph Ratzinger, alors doyen du collège des cardinaux. Le cardinal Dziwisz expliquait qu'en se refermant sur une partie de la vie de Karol Wojtyla, le livre en ouvrait aussi une autre, depuis la « maison du Père », celle de sa présence « avec nous », aujourd'hui.

Deux fois la salle a applaudi des images de la rencontre entre le cardinal Ratzinger et Jean-Paul II, deux fois des passages musicaux où le pape se détend et plaisante avec ses hôtes. On avait l'impression d'une réunion de famille, revoyant ou découvrant ensemble ces images du pontificat et de la vie de Karol Wojtyla antérieure à l'élection.

En effet, le film a repris des images d'archives de la messe d'inauguration du pontificat de Jean-Paul II, place Saint-Pierre, le 22 octobre 1978, montrant  l'accolade chaleureuse et le bref échange de paroles entre le nouveau pape et le cardinal Joseph Ratzinger, au cours de la célébration.

D'autres images, du Vendredi Saint 2004, font revoir un moment émouvant où le cardinal Ratzinger présente le crucifix à Jean-Paul II qui l'embrasse, lors de la célébration de la Passion du Christ, en la basilique Saint-Pierre.

Lors d'un voyage en Afrique, le pape à peine sorti de l'avion, du haut de la passerelle écoute les chants rythmés de femmes en boubou chatôyants et semble diriger le choeur, en accompagnant le rythme et la mélodie par sa gestuelle comme un chef d'orchestre.

Les rires se sont mêlés aux applaudissements également lorsque les images du voyage au Japon, en février 1981, ont fait revoir et réentendre le pape Jean-Paul II chantant au micro la voix basse d'un chant polonais pour soutenir la voix plus frêle et plus incertaine des jeunes filles japonaises ayant accompli la  prouesse d'apprendre ce chant en polonais.

Le film revèle aussi des choses jusqu'ici insoupçonnées. Lorsque Jean-Paul II est allé à Fatima, le 12 mai 1982, pour remercier la Vierge de sa protection lors de l'attentat un an plus tôt, le 13 mai 1981, place Saint-Pierre, il a été agressé par un prêtre espagnol ultraconservateur, le P. Juan Fernandez Krohn, armé d'un couteau : le pape a été blessé, mais il n'en a pas moins poursuivi sa visite comme si de rien n'était.

Le cardinal Dziwisz voit d'ailleurs, raconte le film, dans l'attentat de 1981 la réponse de Moscou à une lettre de Jean-Paul II à Léonid Brejnev en faveur de la liberté de la Pologne.

On découvre aussi les images de ce moment émouvant où en pèlerinage dans un sanctuaire marial, l'évêque Wojtyla aide à déplacer la statue de la Vierge. Le mouvement fait tomber le sceptre de la vierge Marie que l'évêque saisit au vol : son évêque lui dit alors comme en prophétie que la Vierge lui a remis son sceptre.

Il y a aussi cette belle prière à l'Esprit Saint qui parcourt tout le film : une prière que le père du jeune Karol lui a enseignée. Et les images de la première messe à Varsovie, place de la Victoire, en 1979, y répondent : « Viens Esprit Saint, renouvelle la face de la terre, de cette terre », a déclaré le pape à ses compatriotes, faisant trembler de l'intérieur le système soviétique. Cette même prière, le pape mourant la lira au seuil de l'autre vie, qu'il a franchi le 2 avril 2005, à 21 h 37, à 84 ans, après 26 ans et 168 jours de pontificat.

Quelques jours auparavant, le mercredi 30 mars, peu après 11 heures, depuis la fenêtre de son bureau, il regarda la foule rassemblée sur la place, pendant quatre minutes, il essaya de s'adresser aux pèlerins, mais empêché par sa trachéotomie, il n'a pas réussi à prononcer les paroles qu'il avait préparées. Il s'est contenté de bénir la foule. Ce fut sa dernière apparition publique. Le cardinal Dziwisz confie que le pape lui a dit ensuite que, puisqu'il ne pouvait plus bouger, ni parler, le « moment était venu de passer à une vie meilleure ».

Anita S. Bourdin