Terre-Sainte: Jean-Paul II reçoit le patriarche latin de Jérusalem

Retour du cardinal Laghi

| 1543 clics

CITE DU VATICAN, Lundi 4 juin 2001 (ZENIT.org) - Le pape Jean-Paul II a reçu le patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, pendant un quart d´heure ce matin au Vatican, au moment où son envoyé spécial, porteur d´un message de paix, le cardinal Pio Laghi, revenait de Terre Sainte.



Après le nouvel attentat meurtrier perpétré, vendredi 1er juin, devant une discothèque de Tel Aviv par un kamikaze palestinien de 22 ans, Saïd Hotari, le cardinal Pio Laghi constate pour sa part, au micro de Radio Vatican que le message écrit du pape a été accueilli avec grand "respect" aussi bien par le premier ministre Israélien Ariel Sharon que par le président de l´Autorité palestinienne Yasser Arafat, qui en ont chacun conservé l´original, réservant une copie aux archives. "On voit, commente le cardinal Laghi, que le message de Jean-Paul II touche leur cœur, qu´ils respectent vraiment la personne du pape, et ce qu´il cherche à faire".

"Il n´était pas seulement opportun, mais nécessaire, souligne le cardinal argentin, que le pape accomplisse un geste semblable, alors que tant de responsables politiques du monde non seulement regardent la situation avec préoccupation, mais cherchent à intervenir. L´autorité du pape est certainement écoutée, mais au milieu d´énormes difficultés".

Le cardinal a rencontré M. Sharon à sa résidence de Tel Aviv. Le message dont il était porteur était, rappelons-le un appel manuscrit, à la négociation et au cessez-le-feu. Notant "l´écoute" réciproque lors de sa rencontre avec le ministre israélien, le cardinal rappelait que pour ce dernier "la paix c´est la sécurité, la sécurité à certaines conditions". Mais il regrettait que les "implantations" représentent, disait le cardinal, "dans un certain sens une provocation". Il estime qu´elles devraient "être restituées à l´Autorité palestinienne". "En outre, ajoute-t-il cela suscite de l´autre côté une réaction absolument démesurée, et injustifiable, même si elle est un peu compréhensible".

La rencontre avec Yasser Arafat s´est située au moment où les Palestiniens se rassemblaient à Jérusalem pour les funérailles du dirigeant palestinien Husseini, ami du président. Il faisait remarquer que ces obsèques s´étaient déroulées "avec un sens de la responsabilité des deux côtés, sans affrontements ni provocations".

"J´ai été heureusement étonné qu´après la mort de son ami et confident, Yasser Arafat ait consacré autant de temps à notre mission. Nous nous sommes rencontrés dans son bureau. Nous avons parlé avec passion et je l´ai vu fatigué, peut-être frustré, certainement affligé par la mort de son ami… mais en même temps avec une grande confiance dans le Saint Père. Arafat a même voulu non seulement embrasser la lettre, mais la signature du Saint-Père".

Pour ce qui est de la vie quotidienne, le cardinal souligne que tous se demandent: "Mais quand cela finira-t-il?" "Je me suis rendu deux fois au Saint-Sépulcre, le matin, tôt, pour y célébrer la messe, dit-il, et je n´ai trouvé quasi personne. Je n´ai jamais vu le Saint-Sépulcre aussi désert. Tout cela fait de la peine à voir. Chez beaucoup j´ai noté un état de prostration".

Actuellement, la trêve décidée le 22 mai par Israël et la semaine passée par Yasser Arafat résiste.