Terre Sainte : la paix a besoin de gestes courageux, déclare le nonce

Tant de personnes veulent la paix, fait observer Mgr Lazzarotto

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 567 clics

La paix a besoin de « gestes courageux » redit, à la suite du pape François,  MgrGiuseppe Lazzarotto, nonce apostolique en Israël et délégué apostolique pour Jérusalem et la Palestine, qui a confié son inquiétude au micro de Radio Vatican, alors que « tant de personnes veulent la paix ».

« Il est indéniable que nous vivons un moment de grande préoccupation, car ce qui s’est passé ces derniers jours et depuis un petit moment déjà, ne fait qu’aggraver une situation qui était déjà assez complexe comme ça. On est inquiet. Il faudrait d’un côté, un peu de bon sens et le sens des limites, je fais allusion surtout aux politiques naturellement, à ceux qui doivent prendre les décisions. D’un autre côté du courage, comme a dit le Saint-Père tant de fois et comme il ne cesse de le répéter : la paix a besoin de gestes courageux, autrement il est difficile de débloquer une situation de conflit qui risque vraiment de dégénérer. »

Il estime qu’une « limite » est atteinte : « C’est un moment de grande préoccupation car nous touchons la limite, il y a une ligne à ne pas dépasser, autrement il sera difficile de revenir en arrière. J’espère que d’un côté comme de l’autre on a conscience de cela et un grand sens des responsabilités. Nous devons tous faire des efforts. Je le répète souvent : ici il y a tant de personnes de bonne volonté qui veulent la paix, qui la veulent et s’engagent aussi par des gestes concrets comme le pape François nous a enseigné et continue de nous enseigner. Comme ce grand geste qu’il a eu d’inviter les deux présidents pour prier ensemble, pour réfléchir ensemble, pour donner un message fort. On ne saurait penser que cet événement si récent ait été oublié, ou n’ait servi à rien.  Non, ça n’est pas vrai! Ce sont des gestes forts, des messages forts qui ont été lancés et que l’on doit garder à l’esprit et considérer comme des points de référence, car c’est le chemin que nous devons suivre. »

Il souligne l’importance de la rencontre de prière du 8 juin dernier au Vatican : « Il reste la grande admiration et l’estime pour ce que le pape et les deux présidents, tous ensemble, ont fait. Cela reste une forte indication du chemin qu’il faut avoir le courage de suivre, même si on a l’impression que ce qui est en train de se passer est en train, en quelque sorte, d’effacer cet événement. Non ça n’est pas vrai! Nous ne devons pas céder au pessimisme et nous laisser prendre par cette terrible spirale qui ne fait qu’engendrer d’autres conflits et d’autres violences. Les croyants doivent s’agripper à la force de la prière. »

Il explique aussi le rôle de la nonciature dans cette nouvelle situation : « La nonciature poursuit son programme normalement, surtout avec tous les contacts que j’essaie d’entretenir d’un côté comme de l’autre à divers niveaux. Des contacts avec nos communautés, avec les responsables des communautés religieuses, avec chaque personne comme avec la partie politique, et des contacts normaux avec le gouvernement. Nous cherchons toujours à encourager au dialogue, à l’entente, à la solution, à la recherche d’une voie pacifique pour résoudre les conflits. »